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01.04.2008
"MODERN LOVE"
LE 1er AVRIL 2008
MODERN LOVE :
Dernièrement, je suis allée au cinéma voir avec Jennyfer et Alexandre le film "Modern Love". Un bien sympathique moment et un casting détonnant.
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« Modern Love » un titre qui sonne comme « Modern Jazz » un style de danse bien défini et pour cause c’est sous le signe de la comédie musicale que se place ce film avec les chorégraphies volontairement kitsch et les chansons.
Plus précisément, ce film parle d’amour et est un film d’amour, une véritable comédie sentimentale mêlant ruptures, amours, cris, joies, pleurs, changements d’avis, volontés de repartir de zéro… mais avec un humour omniprésent ! Humour incisif et placé « au bon endroit au bon moment » si je puis dire. Trois histoires d'amour, trois destins s'entrecroisent dans ce film : Elsa et Jérôme, Eric et Marie puis, Marianne et Vincent.
Dans Modern Love, Stéphane Kazandjian réalise un film à la Woody Allen. J’entend par là qu’il y a en somme un film dans le film (un peu dans le même ton que « Tout le Monde dit I love you !" du réalisateur précité).
Il s’agit d’un film sur l’amour et surtout sur les histoires d’amour. Bref, Stéphane Kazandjian essaye de nous livrer la recette du couple idéal, ou plutôt essaye de nous faire comprendre que le couple idéal n’existe pas !!
"Modern Love" c’est l’histoire d’Eric, un scénariste (interprété par Pierre-François Martin Laval, ancien « Robin des Bois »), qui aime une jeune femme, Anne, mais qui n’arrive désespérément pas à oublier Marie, son ex, interprétée par Clotilde Courau. C’est aussi l’histoire d’Elsa (interprétée par la belle Bérénice Béjo) qui se fait « plaquée » un soir de nouvel an (le même soir qu’Eric d’ailleurs et dans la même boîte). Depuis ce moment, bien qu’ils n’aient aucun destin commun et ne se connaissant pas, le destin va faire en sorte qu’ils se croisent et cela, de façon peu significative et hasardeuse (alors est ce véritablement un « hasard » ou une « coïncidence » due au destin ?). Elsa est le pivot central de cette histoire car elle est à la recherche de l’ « homme parfait ». Après sa déception sentimentale, elle ne jure plus que par l’homme parfait et n’envisage aucune relation d’aucune sorte, si ce n’est avec l’homme Idéal. Cet homme Idéal va hanter son esprit, à un tel point, que tous les hommes qu’elle pourra croiser ne pourront trouver grâce à ses yeux. Jusqu’au jour où elle va enfin rencontrer Jérôme, parfaite incarnation de son homme Idéal. Mais, c’est précisément là que les ennuis commencent. On a ainsi l’occasion de découvrir le très beau Stéphane Debac dans ce rôle du gendre idéal. Seulement, il y a un hic : Jérôme est homosexuel ! Pourtant, pour les beaux yeux d’Elsa il changera de bord.
Le personnage d’Elsa est intéressant car il exprime notre volonté à tous, dans notre ère, de vouloir à tout prix rencontrer le Prince charmant, l’homme idéal, ou la femme parfaite pour les hommes. Simplement, nous découvrons au cours du déroulement de ce film, que l’être idéal, le partenaire idéal n’existe pas. Existe réellement la personne qui nous correspond et avec laquelle nous voulons bien faire un bout de chemin, et non pas une quelconque personne dite parfaite qui correspondrait trait pour trait à celle que l’on se serait monté de toutes pièces dans notre imagination. Notre imagination est une chose et la réalité du quotidien nous appelle vers d’autres horizons, d’autres personnes et curieusement, souvent nos opposés. Comme le démontre parfaitement Stéphane Kazandjian dans « Modern Love », ce sont précisément les opposés qui nous correspondent davantage car l’action de complémentarité est le ciment du couple. Pour parvenir à cette complémentarité il faut, en effet, passer par des concessions diverses, par la découverte de l’univers de l’autre, d’un autre univers, qui nous apporte fraîcheur et différence. Jérôme incarne l’homme Idéal non seulement pour Elsa mais aussi pour l’ensemble des femmes que nous sommes. Il n’aime pas le foot, il aime, tout comme Elsa, les plats relevés à l’ail, il est attentionné (lui passe régulièrement des coups de fil pour lui dire combien il l’aime, lui offre des fleurs toutes les heures ou presque, dès qu’il part en week end pour un voyage d’affaire…), l’emmène dans les meilleurs restaurants, lui prépare de bons petits plats. Bref, Elsa a l’impression d’avoir décrocher le gros lot, ou le Prince Charmant même !

Le personnage de Jérôme est complexe car il représente à lui seul un fantasme psychologique. Il est bel homme, intelligent, super boulot, super appart (une péniche high teck), est galant et prévenant, attentionné, parfait homme d’intérieur (sachant cuisiner et faisant le ménage à la perfection), mais aussi, outre le fantasme de l’homme parfait, il incarne le fantasme de l’homosexuel que toute femme rêverait « convertir », faire changer de bord. Bref, le problème de Jérôme est que très vite il ne va se réduire qu’à un fantasme car à force d’être trop parfait la relation n’en devient que trop lisse donc sans grand intérêt, sans « bataille » pour garder l’autre, pour lui faire des remarques afin qu’il vienne un peu dans notre monde, sans remarques à entendre de l’autre non plus…Un soir Elsa craque et après avoir trompé (le temps d’une nuit) son homme parfait avec son ex peu scrupuleux, elle décide de mettre un terme à sa relation avec son homme parfait. Elle lui dit, alors, dans un restaurant : « tu es mon homme parfait mais tu n’es pas mon homme ». (Elle aura au moins eu le courage de le lui dire en face cela dit !).
Quant à Eric, son personnage est très touchant car il incarne le rôle du scénariste paumé en quête de son amour d’autant, Marie ! Anne, son actuelle compagne, est gentille, l’admire, le met sur un piédestal alors que Marie le brimait. Le personnage d’Eric aime visiblement souffrir (un discret rappel au masochisme apparaît en demi teinte avec ce personnage de façon assez récurrente durant tout le film).
Clotilde Courau incarne à la perfection le rôle de cette "Marie" manipulatrice qui vient vers Eric et repart sans se soucier des désastres qu’elle crée dans la vie de ce dernier. Celui-ci va aller jusqu’à quitter la toute jeune Anne, qui l’admire tant car Marie lui a fait miroiter une vie avec lui. Mais, elle le quittera aussitôt pour revenir vers son compagnon du moment…Le talent de Clotilde Courau vient à rendre le personnage de Marie moins détestable qu’il n’y paraît. Alors que celle-ci devrait nous paraître odieuse, manipulatrice, garce, elle rend le personnage touchant. Marie est, en effet, touchante car elle incarne une femme qui a la volonté d’absolument tout réussir dans sa vie, d’être une femme « parfaite », on y revient. Elle souhaite, en effet, passé la trentaine réussir sa vie professionnelle (ce qui est le cas, elle a sa propre pharmacie), mais aussi sa vie de couple, et devenir mère bientôt et si possible devenir une mère « parfaite ». Elle cherche alors le mari « parfait » qui pourrait incarner le père « parfait » aussi à l’occasion. Mais ce qui la rend d’autant plus touchante, c’est cette nostalgie, cette nécessité d’entretenir un lien avec le passé, avec son amour de jeunesse qu’est : Eric. Le caractère nostalgique du personnage fait que nous ne pouvons la détester…

Enfin, toutes ces histoires se déroulent sur un fond de comédie musicale (car il y a « un film dans le film »), les protagonistes de cette comédie musicale ne sont autres que Stéphane Rousseau (qui incarne Vincent) et Alexandra Lamy (Marianne). Ces personnages incarnent surtout « Mr Perfect » et « Miss Glamour » dans cette comédie musicale (écrite précisément par Eric). Dans la vie réelle, (ou plutôt dans le film mais en dehors de la comédie musicale), ces deux personnages sont aux antipodes. Lui est superficiel et ne jure que par les filles aux plastiques parfaites de mannequins aux longues jambes interminables et habillées dernier cri, fashion, avec les modèles les plus en vue. Elle, est une intellectuelle, peintre de renom et de talent, très terre à terre, et mal fagotée, selon Vincent, qui ne jure que par les top modèles qu’il côtoie.
Finalement, et de façon symbolique, aussi bien dans la comédie musicale d’Eric que dans le film de Stéphane Kazandjian, se seront Marianne et Vincent qui incarneront le Parfait amour ou l’Amour parfait. Ce sont des personnages que tout oppose (un duel au sabre symbolique, lors de leur première rencontre, vient illustrer cette opposition), mais qui néanmoins s’accordent.

Après, avoir quitté son homme Idéal, Elsa fait le ménage dans son appartement et vraisemblablement dans sa vie et tombe, par hasard, sur une photo d’elle alors qu’elle était petite fille. Petite fille qui, maintenant qu’elle est devenue grande, sait que le Prince charmant n’existe pas ou plus… Avec qui finiront finalement ces personnages qui auront fini par comprendre et nous faire comprendre que l’Etre Idéal n’existe pas ? Qui charmera qui, quel sera le couple le plus improbable et finalement plus pertinent ? Foncez au cinéma voir « Modern Love », plus qu’un agréable moment, ce film nous offre une véritable leçon de vie !
Un film, rempli de dénouements de surprises, de couples qui se font et se défont et parfois se refont, de l’humour, de l’amour. Une histoire de rêves, de retrouvailles, de ruptures et de rencontres. Bref, une grande histoire d’amour, comme au cinéma !
Par Anastasia KOMNIDIS.
01:45 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note




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Commentaires
Ah ben voilà une critique intéressante et développée du film. Je ne l'ai pas vu, je n'ai malheureusement pas trop le temps en ce moment ! :)
Ecrit par : OG | 03.04.2008
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