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12.06.2008
Interview de Nicolas Dupont Aignan par le Parisien sur l'Europe
« Les Irlandais ne rejettent pas l’Europe, mais la manière totalitaire dont on l’a construite »
Le Parisien, mercredi 11 juin 2008
NICOLAS DUPONT-AIGNAN, député (ex-UMP) de l’Essonne, président de Debout la République, Nicolas Dupont-Aignan était en Irlande le 29 mai pour faire campagne en faveur du non.
Propos recueillis par Béatrice Houchard
Le non peut-il l’emporter jeudi ?
Nicolas Dupont-Aignan. En rentrant d’Irlande, je me suis dit que le non pouvait l’emporter. J’ai vu là-bas ce que j’avais vécu en France en 2005 : un rouleau compresseur du oui et une protestation sourde et diffuse du peuple. Les grands partis sont favorables au oui, mais le peuple est pour le non.
Pour des raisons européennes ou liées à la politique intérieure ?
Je n’ai pas senti de raisons de politique intérieure. Les Irlandais ne veulent pas perdre leur liberté. Ils ne rejettent pas l’Europe, mais la manière totalitaire dont on l’a construite. Ils ne veulent pas de la bureaucratie de Bruxelles et craignent l’alignement sur l’Otan.
Sarkozy et Merkel parlent d’une initiative commune si le non l’emporte…
Ca va encore renforcer le non !
Que se passera-t-il si le non est majoritaire ?
Ce sera un petit choc bénéfique, qui forcera les dirigeants à refonder l’Europe sur des bases démocratiques, une Europe du mieux-disant social, indépendante vis-à-vis des Etats-Unis. Ce sera aussi une claque pour Sarkozy et Merkel. Ce sera surtout un grand bonheur démocratique pour que les peuples reprennent la main.
Et si on leur demande de revoter ?
C’est intenable. Ils ne pourront pas le faire, les peuples sont trop en colère. Mieux vaut un petit choc bénéfique en Irlande aujourd’hui qu’une révolution dans plusieurs pays d’Europe dans dix ans.
01:56 Publié dans POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, nicolas dupont aignan, debout la république



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