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14.06.2008
La gauche républicaine solidaire avec les irlandais et le NON à l'Europe
LE 14 JUIN 2008 :
@ Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre, président du Mouvement Républicain
et Citoyen (MRC) :
Jean-Pierre Chevènement, président du Mouvement républicain et citoyen (MRC), a
estimé vendredi que le probable rejet du Traité de Lisbonne par les Irlandais,
selon des projections de la télévision publique, était "un service rendu à
l'Europe tout entière".
"Le vote du peuple irlandais revêt une signification profonde : les peuples
refusent de se laisser dissoudre dans une Europe à la fois technocratique et
antisociale"
Adversaire du traité, il a jugé que "le rejet de la Constitution européenne bis
est un service rendu à l'Europe tout entière". "C'est aussi un service rendu à
la France, dont le poids relatif était affaibli par le Traité de Lisbonne, en
rupture avec la parité fondatrice avec l'Allemagne qui avait jusqu'ici permis le
progrès équilibré de la construction européenne", a-t-il ajouté.
Selon M. Chevènement, "c'est à partir de la volonté démocratiquement exprimée
des nations qu'on doit pouvoir avancer vers une Europe à géométrie variable,
fondée sur des coopérations renforcées". "Cela est particulièrement vrai pour le
gouvernement économique de la zone euro, mais pourrait l'être aussi dans des
domaines
@ déclaration de MARS-Gauche Républicaine :
Le 29 mai 2005, les français repoussaient avec force le traité constitutionnel
européen (TCE) à plus de 55%. Quelques semaines après, les néerlandais
confortaient par leur vote le rejet d'une Europe qui voulait se construire par
delà les volontés et les aspirations des peuples.
Dans l'intervalle, technocrates bruxellois et dirigeants européens, Nicolas
Sarkozy en première ligne, ont retenu la leçon. Puisque le peuple ne veut pas
d'un tel traité, ne lui demandons pas son avis ! Délesté du mot constitution,
affublé d'un « simplifié » qui avait tout du marketing et rien de la vérité,
mais toujours aussi libéral et anti-démocratique, le traité rejetté par le
suffrage populaire revenait par la voie parlementaire. Sauf que les irlandais,
éternels mauvais élèves puisqu'ils avaient déjà refusé de ratifier le traité de
Nice, n'ont pu être exonérés pour des raisons
constitutionnelles d'un référendum.
Et voila que le seul pays dont la population peut s'exprimer, rejette le traité
de Lisbonne si fidèle au défunt TCE ! Tout cela malgré une frénétique campagne
médiatique européenne des tenants du OUI qui faisait peser sur les robustes
épaules irlandaises bien plus qu'un simple choix national. Avec les mêmes
calomnies, les mêmes poncifs élitistes et méprisants que ceux que nous avions du
nous-mêmes essuyer lors du référendum en France.
Le MARS-GR ne peut que se réjouir de cette reprise en main de sa destinée par le
peuple souverain. Après les référendums français et néerlandais, ce sont les
irlandais qui ont pu cette fois exprimer le refus grandissant des peuples
européens de la construction actuelle de l'Union Européenne. Une Union
Européenne qui n'est pas vécue comme synonyme de progrès mais au contraire comme
le cheval de Troie du tout marché au détriment des solidarités et de la maîtrise
des peuples sur leur destinée. Ce qui explique que, comme ce fut le cas en
France lors du TCE, ce sont d'abord les classes populaires qui viennent
d'assurer la victoire du NON en Irlande.
Tout laisse penser qu'au lieu de comprendre, enfin, le message de nouveau si
fortement envoyé, nos gouvernants et la majorité des élites européennes pensent
d'abord aux moyens de contourner ce choix populaire. Cela a été le cas en France
et en Hollande, et déjà en Irlande, en 2002, avec un nouveau référendum tenu
quelques mois après le premier qui avait vu les irlandais refuser le traité de
Nice. Nous devons cette fois-ci empêcher toute nouvelle forfaiture ! L'Europe ne
peut se se construire en foulant au pied le choix des populations européennes :
la Présidence prochaine de Nicolas Sarkozy doit s'ouvrir par la reconnaissance
de l'échec de ce nouveau traité comme cela aurait dû être clairement le cas pour
le TCE. C'est notre première exigence et nous devons nous préparer à nous
mobiliser pour la porter. C'est également la condition pour espérer reconstruire
une Europe qui serait faite dans l'intérêt premier des peuples. Et qui méritera
alors, du coup, leur adhésion.
@ Jacques Myard, député UMP, président du Cercle Nation et République :
En votant NON, le peuple irlandais vient de sauver l’Europe de l’application
d’un très mauvais traité.
Le Traité de Lisbonne, qui n’est en rien un « mini traité » mais le copié-collé
du traité constitutionnel rejeté par les peuples français et néerlandais par
référendum est ainsi rejeté pour la troisième fois.
Est-ce que les ayatollahs de l’eurocratie vont enfin prendre la mesure de leur
échec et des réalités sociologiques et politiques ? Ce nouveau NON est une
chance à saisir pour remettre à plat la construction européenne afin de la
réconcilier avec la volonté des peuples.
L’Europe s’est élargie, elle doit désormais s’amaigrir et cesser de se mêler de
tout.
Oui à la gestion en commun de certaines politiques essentielles à l’organisation
d’un continent comme la libre circulation des biens et des services, la PAC,
l’environnement, ou encore la coordination monétaire et budgétaire. Mais de
grâce arrêtons cette boulimie technocratique : il est urgent d’appliquer le
principe de subsidiarité, de placer la Commission sous le contrôle étroit du
Conseil, afin de réaffirmer la primauté des Etats, c'est-à-dire des peuples.
La France n’a aucun intérêt à aliéner sa souveraineté, son libre arbitre dans
une construction européenne largement dépassée par la globalisation : nos
intérêts sont mondiaux et c’est une faute que de vouloir appréhender le monde à
travers l’étroitesse du prisme européen.
OUI à une construction européenne fondée sur la coopération de nations
souveraines et indépendantes.
NON à l’intégrisme eurotechnocratique voué à l’échec.
03:14 Publié dans POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chevènement, mars, europe, gauche républicaine



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