18.04.2008

Deux Soeurs pour un Roi

 LE 18 AVRIL 2008

Deux sœurs pour un Roi :

            Récemment je me suis rendue au cinéma accompagnée de mon acolyte habituel (qui se reconnaîtra !) voir le film « Deux sœurs pour un Roi » de Justin Chadwick, le réalisateur de « The Queen ». Un bien agréable moment de cinéma ! Ce film mêle à la fois histoire, passions (du pouvoir mais aussi amoureuse), stratégies politiques et étonnants décors. Le rôle des principaux acteurs est fabuleux Scarlett Johansson et Nathalie Portman incarnent les deux sœurs Boleyn et se disputent toutes deux les faveurs du Roi d’Angleterre Henri VIII incarné par Eric Bana (remarqué déjà dans le film « Munich »).

            L’intrigue de ce film se déroule au XVI eme siècle, à la Cour du Roi d’Angleterre, où Mary (Scarlett Johansson) et Anne (Nathalie Portman) usent toutes deux de leurs plus grandes armes de séductions pour s’attirer les faveur du Roi. Celui-ci serait, en effet, à la recherche d’une maîtresse plus jeune et plus jolie que son épouse et surtout capable de donner naissance à un garçon pour sa succession. La reine n’est, en effet, plus en état d’enfanter. Après avoir recherché auprès de toutes les jeunes femmes appartenant aux familles aristocrates et bourgeoises de l’époque, c’est vers les sœurs Boleyn que se portera le choix du Roi. Un choix pas si aisé car il se retrouve face à un difficile dilemme entre les deux sœurs. Mary saura davantage le charmer néanmoins par son charme, sa beauté, sa candeur. Preuve supplémentaire, qu’en plus de rechercher une femme capable d’enfanter (image de la femme réduite ici à un simple « utérus »), il l’a préfère aussi docile. Seulement, Anne, fougueuse, maligne, intelligente et surtout avide de pouvoir, n’en restera pas là et tâchera par tous les moyens possibles et inimaginables de s’attirer les faveurs du Roi.

            A une époque où la femme est réduite à peu de chose, perçue davantage comme un objet que les pères de famille tentent de « refourguer » au meilleur mari qu’il soit, moyennant certains avantages toujours pour le père, le personnage d’Anne Boleyn, vient casser cette image de femme soumise. Anne, va ici se comporter comme un homme, elle apparaît assoiffée de pouvoir, prête à tout, même au pire pour parvenir à ses fins, mais jusqu’où cette folle escalade du pouvoir la mènera t-elle ?

            Ce film, bien que se déroulant au XVI eme siècle, demeure d’actualité pour, précisément, ce qui concerne la cupidité, que dégagent ces personnages, mais aussi pour les manœuvres politiques. En tant que femme politique que je suis, j’ai eu bien des fois l’occasion de rencontrer  dans le milieu de la politique des femmes, telles que Anne, qui passionnées par le pouvoir, vont se mettre dans des situations extrêmes quitte à avilir leur personne. Mais, ces femmes, tout comme le personnage d’Anne Boleyn, ne ressentent aucune forme d’avilissement tant qu’elles obtiennent ce qu’elles veulent et qu’elles grignotent à chaque fois un morceau supplémentaire de ce bien appétissant gâteau appelé « pouvoir ». Anne Boleyn comprendra, mais trop tard, que finalement sa sœur Mary, avec son honnêteté et son manque de « folie des grandeurs » aura fait le meilleur choix ! A bon entendeurs, mesdames, mesdemoiselles, la politique est un monde cruel car précaire, que devenez vous le jour où vous ne faites plus partie de la Cour du « roi » ou que telle ou telle écurie, à laquelle vous appartenez peut être, est écartée du pouvoir? Aussi, un peu comme le personnage de Mary, je suis peut être quelque peu naïve, voire même candide et serais sans doute amenée à réussir moins bien que d’autres ou bien plus tard, mais le jour où je réussirais je pourrais me regarder en face et être réellement fière de moi et de mon succès, que je ne devrais à aucun homme !!

           

            Un film sur les intrigues de couloirs de la Cour du Roi, telles que celles que l’on pourrait croiser aujourd’hui dans les couloirs des partis politiques… A voir absolument !

 

 

Par Anastasia KOMNIDIS.

01.04.2008

"MODERN LOVE"

 LE 1er AVRIL 2008

MODERN LOVE :

 

Dernièrement, je suis allée au cinéma voir avec Jennyfer et Alexandre le film "Modern Love". Un bien sympathique moment et un casting détonnant.

 

 

« Modern Love » un titre qui sonne comme « Modern Jazz » un style de danse bien défini et pour cause c’est sous le signe de la comédie musicale que se place ce film avec les chorégraphies volontairement kitsch et les chansons.

Plus précisément, ce film parle d’amour et est un film d’amour, une véritable comédie sentimentale mêlant ruptures, amours, cris, joies, pleurs, changements d’avis, volontés de repartir de zéro… mais avec un humour omniprésent ! Humour incisif et placé « au bon endroit au bon moment » si je puis dire. Trois histoires d'amour, trois destins s'entrecroisent dans ce film : Elsa et Jérôme, Eric et Marie puis, Marianne et Vincent.

Dans Modern Love, Stéphane Kazandjian  réalise un film à la Woody Allen. J’entend par là qu’il y a en somme un film dans le film (un peu dans le même ton que « Tout le Monde dit I love you !" du réalisateur précité).

Il s’agit d’un film sur l’amour et surtout sur les histoires d’amour. Bref, Stéphane Kazandjian essaye de nous livrer la recette du couple idéal, ou plutôt essaye de nous faire comprendre que le couple idéal n’existe pas !!

 

"Modern Love" c’est l’histoire d’Eric, un scénariste (interprété par Pierre-François Martin Laval, ancien « Robin des Bois »), qui aime une jeune femme, Anne, mais qui n’arrive désespérément pas à oublier Marie, son ex, interprétée par Clotilde Courau. C’est aussi l’histoire d’Elsa (interprétée par la belle Bérénice Béjo) qui se fait « plaquée » un soir de nouvel an (le même soir qu’Eric d’ailleurs et dans la même boîte). Depuis ce moment, bien qu’ils n’aient aucun destin commun et ne se connaissant pas, le destin va faire en sorte qu’ils se croisent et cela, de façon peu significative et hasardeuse (alors est ce véritablement un « hasard » ou une « coïncidence » due au destin ?). Elsa est le pivot central de cette histoire car elle est à la recherche de l’ « homme parfait ». Après sa déception sentimentale, elle ne jure plus que par l’homme parfait et n’envisage aucune relation d’aucune sorte, si ce n’est avec l’homme Idéal. Cet homme Idéal va hanter son esprit, à un tel point, que tous les hommes qu’elle pourra croiser ne pourront trouver grâce à ses yeux. Jusqu’au jour où elle va enfin rencontrer Jérôme, parfaite incarnation de son homme Idéal. Mais, c’est précisément là que les ennuis commencent. On a ainsi l’occasion de découvrir le très beau  Stéphane Debac dans ce rôle du gendre idéal. Seulement, il y a un hic : Jérôme est homosexuel ! Pourtant, pour les beaux yeux d’Elsa il changera de bord.

 

Le personnage d’Elsa est intéressant car il exprime notre volonté à tous, dans notre ère, de vouloir à tout prix rencontrer le Prince charmant, l’homme idéal, ou la femme parfaite pour les hommes. Simplement, nous découvrons au cours du déroulement de ce film, que l’être idéal, le partenaire idéal n’existe pas. Existe réellement la personne qui nous correspond et avec laquelle nous voulons bien faire un bout de chemin, et non pas une quelconque personne dite parfaite qui correspondrait trait pour trait à celle que l’on se serait monté de toutes pièces dans notre imagination. Notre imagination est une chose et la réalité du quotidien nous appelle vers d’autres horizons, d’autres personnes et curieusement, souvent nos opposés. Comme le démontre parfaitement Stéphane Kazandjian dans « Modern Love », ce sont précisément les opposés qui nous correspondent davantage car l’action de complémentarité est le ciment du couple. Pour  parvenir à cette complémentarité il faut, en effet, passer par des concessions diverses, par la découverte de l’univers de l’autre, d’un autre univers, qui nous apporte fraîcheur et différence. Jérôme incarne l’homme Idéal non seulement pour Elsa mais aussi pour l’ensemble des femmes que nous sommes. Il n’aime pas le foot, il aime, tout comme Elsa, les plats relevés à l’ail, il est attentionné (lui passe régulièrement des coups de fil pour lui dire combien il l’aime, lui offre des fleurs toutes les heures ou presque, dès qu’il part en week end pour un voyage d’affaire…), l’emmène dans les meilleurs restaurants, lui prépare de bons petits plats. Bref, Elsa a l’impression d’avoir décrocher le gros lot, ou le Prince Charmant même !

'Modern Love' scene (Image 18914469.jpg)

Le personnage de Jérôme est complexe car il représente à lui seul un fantasme psychologique. Il est bel homme, intelligent, super boulot, super appart (une péniche high teck), est galant et prévenant, attentionné, parfait homme d’intérieur (sachant cuisiner et faisant le ménage à la perfection), mais aussi, outre le fantasme de l’homme parfait, il incarne le fantasme de l’homosexuel que toute femme rêverait « convertir », faire changer de bord. Bref, le problème de Jérôme est que très vite il ne va se réduire qu’à un fantasme car à force d’être trop parfait la relation n’en devient que trop lisse donc sans grand intérêt, sans « bataille » pour garder l’autre, pour lui faire des remarques afin qu’il vienne un peu dans notre monde, sans remarques à entendre de l’autre non plus…Un soir Elsa craque et après avoir trompé (le temps d’une nuit) son homme parfait avec son ex peu scrupuleux, elle décide de mettre un terme à sa relation avec son homme parfait. Elle lui dit, alors, dans un restaurant : « tu es mon homme parfait mais tu n’es pas mon homme ». (Elle aura au moins eu le courage de le lui dire en face cela dit !).

 

Quant à Eric, son personnage est très touchant car il incarne le rôle du scénariste paumé en quête de son amour d’autant, Marie ! Anne, son actuelle compagne, est gentille, l’admire, le met sur un piédestal alors que Marie le brimait. Le personnage d’Eric aime visiblement souffrir (un discret rappel au masochisme apparaît en demi teinte avec ce personnage de façon assez récurrente durant tout le film).

Clotilde Courau incarne à la perfection le rôle de cette "Marie" manipulatrice qui vient vers Eric et repart sans se soucier des désastres qu’elle crée dans la vie de ce dernier. Celui-ci va aller jusqu’à quitter la toute jeune Anne, qui l’admire tant car Marie lui a fait miroiter une vie avec lui. Mais, elle le quittera aussitôt pour revenir vers son compagnon du moment…Le talent de Clotilde Courau vient à rendre le personnage de Marie moins détestable qu’il n’y paraît. Alors que celle-ci devrait nous paraître odieuse, manipulatrice, garce, elle rend le personnage touchant. Marie est, en effet, touchante car elle incarne une femme qui a la volonté d’absolument tout réussir dans sa vie, d’être une femme « parfaite », on y revient. Elle souhaite, en effet, passé la trentaine réussir sa vie professionnelle (ce qui est le cas, elle a sa propre pharmacie), mais aussi sa vie de couple, et devenir mère bientôt et si possible devenir une mère « parfaite ». Elle cherche alors le mari « parfait » qui pourrait incarner le père « parfait » aussi à l’occasion. Mais ce qui la rend d’autant plus touchante, c’est cette nostalgie, cette nécessité d’entretenir un lien avec le passé, avec son amour de jeunesse qu’est : Eric. Le caractère nostalgique du personnage fait que nous ne pouvons la détester…

'Modern Love' scene (Image 18914450.jpg)

 

Enfin, toutes ces histoires se déroulent sur un fond de comédie musicale (car il y a « un film dans le film »), les protagonistes de cette comédie musicale ne sont autres que Stéphane Rousseau (qui incarne Vincent) et Alexandra Lamy (Marianne). Ces personnages incarnent surtout « Mr Perfect » et « Miss Glamour » dans cette comédie musicale (écrite précisément par Eric). Dans la vie réelle, (ou plutôt dans le film mais en dehors de la comédie musicale), ces deux personnages sont aux antipodes. Lui est superficiel et ne jure que par les filles aux plastiques parfaites de mannequins aux longues jambes interminables et habillées dernier cri, fashion, avec les modèles les plus en vue. Elle, est une intellectuelle, peintre de renom et de talent, très terre à terre, et mal fagotée, selon Vincent, qui ne jure que par les top modèles qu’il côtoie.

Finalement, et de façon symbolique, aussi bien dans la comédie musicale d’Eric que dans le film de Stéphane Kazandjian, se seront Marianne et Vincent qui incarneront le Parfait amour ou l’Amour parfait. Ce sont des personnages que tout oppose (un duel au sabre symbolique, lors de leur première rencontre, vient illustrer cette opposition), mais qui néanmoins s’accordent.

'Modern Love' scene (Image 18914467.jpg)

 

Après, avoir quitté son homme Idéal, Elsa fait le ménage dans son appartement et vraisemblablement dans sa vie et tombe, par hasard, sur une photo d’elle alors qu’elle était petite fille. Petite fille qui, maintenant qu’elle est devenue grande,  sait que le Prince charmant n’existe pas ou plus… Avec qui finiront finalement ces personnages qui auront fini par comprendre et nous faire comprendre que l’Etre Idéal n’existe pas ? Qui charmera qui, quel sera le couple le plus improbable et finalement plus pertinent ? Foncez au cinéma voir « Modern Love », plus qu’un agréable moment, ce film nous offre une véritable leçon de vie !

Un film, rempli de dénouements de surprises, de couples qui se font et se défont et parfois se refont, de l’humour, de l’amour. Une histoire de rêves, de retrouvailles, de ruptures et de rencontres. Bref, une grande histoire d’amour, comme au cinéma !

 

Par Anastasia KOMNIDIS.

 

 

04.03.2008

Lust And Caution

 LE 4 MARS 2008 :

« LUST AND CAUTION : »

 

 

 Tony Leung Chiu Wai, Tang Wei

Hier, Lundi 3 mars, je suis allée après ma journée de travail au cinéma avec quelques amis proches, Jennyfer, Hilème, Thibault et Philippe voir le dernier film de Ang Lee « Lust and Caution ». Ce fut un moment que nous avions tous apprécié à l’unanimité. Du grand cinéma ! Le titre du film résume à lui seul parfaitement bien l’intrigue de cette œuvre d’art d’Ang Lee. Le scénario parfaitement bien pensé et ficelé allie merveilleusement bien tour à tour : des évènements historiques, de la trahison, de l’amour mais aussi la force des convictions et jusqu’où celles-ci peuvent nous mener, c'est-à-dire les situations les plus extrêmes qu’il soit…jusqu’à la mort et jusqu’à tuer ! Ce film est extrêmement bien filmé par la caméra d’Ang Lee, qui nous ballade dans le temps avec des flash back incessants. L’histoire se déroule principalement sous la seconde guerre mondiale où le Japon n’est pas encore allié avec les allemands mais cherche à placer la Chine sous son joug. Les chinois, souffrant de cette situation de soumission que leur impose le Japon, se rebellent de part et d’autres, notamment à Hong Kong, là où se déroule la plus grande partie de l’histoire. Principalement, un groupe d’étudiants chinois faisant du théâtre militant ensemble va vouloir aller plus loin, en jouant à des rôles et à un scénario bien plus dangereux cette fois ci, assassiner un homme d’Etat chinois, qui d’après eux, est un traître pour la Chine car il entretiendrait secrètement des relations privilégiées avec les japonais. Cet homme d’Etat, M. Yee, est interprété par le magnifique Tony Leung Chiu Wai, qu’on a déjà pu voir (pour les fans du cinéma asiatique comme moi !) dans le chef d’œuvre « In The Mood For Love ». Tony Leung brille encore une fois de par son interprétation on ne peut plus crédible ! En effet, si celui-ci a émerveillé et fait rêvé nombre de femmes dans « In The Mood For Love », ici, dans « Lust and Caution », il campe un personnage cruel, froid et abjecte. Son personnage, M. Yee, devient donc l’homme à abattre pour ce groupe d’étudiants résistants et courageux. Parmi ces jeunes rebelles chinois, figure la très jeune et naïve Wong Chia Chi (jouée par Tang Wei), une jeune femme discrète et très ordinaire, qui elle, revêtira dans cette mise en scène périlleuse, le rôle de Mme. Mak, une femme fatale, qui aura pour charge de séduire le cruel M. Yee. Ce ne sera pas chose aisée car celui-ci est une véritable forteresse, froid et distant, il est insensible à tout, à la présence de son épouse, aux divers actes de tortures qu’il infligera à ses prisonniers politiques, mais il ne sera pas insensible aux charmes de la dite « Mme. Mak ». Cruel et violent avec elle au début, non pas volontairement mais surtout, par manque de savoir-faire en matière d’expression de ses sentiments, ce qui transparaît également dans leur intimité, il verra sa personnalité évoluer progressivement mais très discrètement. Les rendez-vous de ces deux protagonistes –la rebelle qui sert d’appât, et la cible de ce groupe de militants chinois- sont ponctués par des rencontres adultérines dans des endroits secrets, parfois glauques. Leur intimité transparaît crûment à l’écran : rapports intimes répétitifs, froids et secs (des corps moites qui se convulsent et semblent subir une certaine souffrance et douleur du fait du manque d’expérience des personnages). Le manque d’expérience intime de ces personnages est du à la juvénilité de Wong d'une part, et à la froideur dans laquelle M. Yee se complait depuis des années, d'autre part… Tous deux ont à apprendre et tout à apprendre en matière sexuelle et sentimentale. Si l’héroïne s’évertue à séduire M. Yee lors de leurs premières rencontres, c’est pour mieux gagner sa confiance, pour mieux servir sa cause, sa mission qui est de libérer la Chine. Progressivement, celle-ci voit sa vie ne tourner, du fait de sa mission, qu’autour de M.Yee, elle l’espionne, elle l’attend, elle est totalement coupée du monde. Lui, progressivement apprend à découvrir l’amour, le vrai, et ses petites attentions aussi insignifiantes qu’elles puissent paraître à nos yeux sont de véritables efforts qui le mènent vers un peu plus d’humanité. Wong Chia Chi succombera t-elle ou sa force de caractère et celle de ses convictions seront plus fortes ?

 

Un film à voir absolument à la fois pour les rapports de ses protagonistes mais aussi pour le caractère historique de ce film qui se joue en second plan. Une véritable réussite, les acteurs sont tous beaux et élégants et particulièrement bien filmés, un film d’espionnage fort, touchant, émouvant, intéressant et surtout un moment de véritable plaisir… A déguster sans modération, en profitant du moment présent et ne pas se poser plus de questions qui nous polluent inutilement l’esprit. Foncer ! C’est là l’un des principaux messages que j’aurais retenu de ce film où je vois la très jeune et frêle Wong Chia Chi se jeter dans le gueule du loup… Allez y, non pas les « yeux fermés » mais grands ouverts pour ne louper, aucune tierce de seconde, de ce film véritablement magnifique et riche en émotions. Ce film a obtenu la récompense du « Lion d’Or » à la Mostra de Venise. Deuxième récompense lacustre pour le réalisateur taïwanais après son « secret de Brokeback mountain », Lust – Caution signe le retour d’Ang Lee en Asie. Coté continuité, le travail sur les sentiments, les relations entre individus, l’amour, la recherche d’une individualité.

 Par Anastasia KOMNIDIS.

 

26.02.2008

Darling

Juste un petit mot pour vous faire partager mon émotion par rapport au film "Darling" que j'ai vu avec des amis en décembre dernier. Un film  français avec Marina Foïs et Guillaume Canet, film social très émouvant et très rude, mais ce qu'il y a de bien c'est qu'on ne sombre jamais dans le pathos ou dans la violence... Aucune scène de violence n'apparaît tout est suggéré, mais le film n'en est pas moins triste bien que très très réussi. Il faut y aller à un moment où l'on est solide pour le voir, mais c'est intéressant  sociologiquement parlant et les acteurs formidables... Il y décrit le rude monde rural de la Basse Normandie, et le destin d'une femme, qui rêvait (et elle y parvient) d'épouser un routier. Sa vie est ponctuée de blessures physiques et pressions psychologiques... car elle n'aura commis qu'une succession d'erreurs (involontairement) dans le but de ne pas reproduire le schéma familial qui, malgré tout , la rattrape...

Anastasia Komnidis.

Ci dessous, le très bon papier de Céline Bouillaud, extrait du site cinéma "Yozone":

Yozone ⇒ Cinéma ⇒ Hors Zone

Darling
Film français de Christine Carrière (2007)
Sorti le 7 novembre 2007

Durée : 1h33
Genre : Drame

Avec Marina Foïs (Darling), Guillaume Canet (Roméo), Océane Decaudain (Catherine, Darling petite), Anne Benoit (la mère Suzanne), Marc Brunet (le père Georges), Sissi Duparc (Chantal Clément), Hervé Lassïnce (Vincent Blandamour), Eloise Charretier (la collègue de cantine), etc.

L’histoire décrit la lente descente en enfer d’une femme qui n’a pas eu la chance d’avoir une vie sereine. Elle a grandi dans une famille qui n’a pas su l’aimer pour qui elle était, qui ne lui a pas donné les clefs d’une vie à réussir. « Darling », inspiré de l’histoire vraie de Catherine Nicolle, est l’adaptation du roman de Jean Teulé.

La première scène de « Darling »est brutale. Un radiologue téléphone à un collègue médecin pour lui énumérer les violences qu’a connu sa patiente. Mais la jeune femme quitte l’hôpital et ne se fait pas soigner. Elle ne veut pas porter plainte. Ensuite, le film est un long flash back qui débute par l’enfance de Catherine et qui se termine par un faux happy end.

La vie de l’héroïne ressemble à un parcours du combattant. Adolescente, Catherine vit avec ses parents dans une ferme de la Basse Normandie. Elle est illettrée, elle est mal aimée. Elle passe sa vie à rêver qu’un routier de la nationale qui longe la maison saura la délivrer de sa vie misérable. Sa parenthèse enchantée, elle la passe à la boulangerie du coin, où elle travaille avec sa seule amie. Elle s’y rend en courant le long de la nationale où se suivent sans répit les camions.

Quand la boulangère quitte la région, Catherine se retrouve seule. Mais elle découvre la CB et passe ses soirées à dialoguer avec les routiers. C’est ainsi qu’elle rencontre Roméo, qui deviendra son mari. Ce mariage raté la plonge dans une vie de sexe, de violence, de misère. Elle a trois enfants et lorsqu’un soir, son mari et sa maîtresse la martyrisent, Darling trouve enfin le courage de partir. Elle abandonne tout, se retrouve accusée d’avoir quitté le domicile familial et doit se battre pour récupérer ses enfants...

La force du film tient à 4 choses : l’effet histoire vraie qui nous happe vers une réalité brutale et sans concession, l’interprétation de Guillaume Canet et de Marina Foïs, la pudeur de la cinéaste qui épargne au spectateur les scènes de viol et de torture et le ton, cynique, décalé et parfois drôle lors de la voix off.

Pendant tout le film, on ne cesse de se dire, avec effroi, qu’on est en train de vivre une histoire vraie. Catherine l’adolescente rêveuse a existé, Catherine la jeune apprentie boulangère a attendu son prince charmant, Darling l’insouciante a épousé un homme qui s’est avéré par la suite être violent, sans âme, sans limites... Le processus d’identification frappe le spectateur en pleine figure.

Guillaume Canet, à qui on pourrait donner le bon dieu sans concession, campe un homme brutal, vicieux, faignant, alcoolique. Le personnage, détestable à souhait pour toutes les violences qu’il inflige à sa femme, est pathétique. On n’éprouve aucune compassion pour lui, uniquement de la désolation.
Marina Foïs, que l’on a connue dans la troupe des Robins des Bois, nous arrache des larmes au fur et à mesure que le film déroule les épreuves de la vie de Darling. L’actrice, pour coller à son personnage, n’hésite pas à se transformer physiquement. Certaines scènes sont très émouvantes, Marina Foïs transmet son émotion et sa douleur au spectateur au point que l’on se demande où elle a trouvé toute cette force pour interpréter ce personnage. Rares sont les actrices qui nous font autant pleurer...

La cinéaste, en utilisant la voix off, permet d’apporter un peu d’humour au drame. Darling impose son point de vue décalé et il n’est pas rare d’être étonné par ses réflexions détonantes. Quand elle est témoin de la mort de son jeune frère, empalé par un tuyau, elle le compare à un joueur de baby foot. L’humour est souvent un moyen bien utile de se détacher de la réalité et l’adoucir.
Quand au procédé du hors champ, il évite au spectateur de vivre des scènes violentes mais il l’engage à les revivre subjectivement, ce est qui bien plus efficace que de montrer les séquences.

Sorti de la projection, on pense à notre vie douillette et sans violence. On pense à Darling à qui l’on espère de trouver enfin un peu de paix. On pense à toutes ces femmes qui vivent dans la douleur et qui n’osent pas quitter la brutalité de leur mari de peur de tout perdre, de peur de ne plus voir leurs enfants. On se dit aussi que le système judiciaire français a encore beaucoup à faire pour protéger ces femmes et pour leur redonner de la dignité.
« Darling » est un film à triple message, nous, elle et les autres... et une histoire qui touche autant est forcément marquante...

Vous qui avez la chance d’aller au cinéma, prenez un peu de temps pour voir ce film. Il est d’une violence intelligente et a le mérite de nous faire réfléchir sur nos conditions qui ne sont pas si moches que ça...

EQUIPE TECHNIQUE

Réalisation : Christine Carrière
Scénario : Christine Carrière
Pascal Arnold
D’après l’oeuvre homonyme de Jean Teulé

Directeur de production : Marie-Jeanne Pascal
Production : Rectangle Productions, France
Gaumont, France

Directeur de la photographie : Gordon Spooner
Monteuse : Martine Barraqué
Matilde Grosjean
Mixage : Christophe Winding
Christophe Vingtrinier
Chef décorateur : Antoine Platteau
Costumière : Catherine Boisgontier
Ingénieur du son : Eric Rophé

Distribution : Gaumont Distribution, France


Céline Bouillaud  

25.02.2008

My Blueberry nights, film de Wong Kar waï

 

Bonjour,
Outre la politique j'ai aussi d'autres centres d'intérêts comme notamment et surtout le cinéma. J'affectionne tout particulièrement le cinéma de Wong Kar Wai, j'ai déjà eu l'occasion d'en parler avec certains proches.
Bien que j'ai de loin préféré "In the mood for love" (film dont je suis amoureuse) et énormément apprécié "2046", "My blueberry nights" demeure un film que j'ai aimé presqu'aussi et surtout de par ses clins d'oeil et symboles. Le clin d'oeil à "In the mood for love" grâce au célèbre morceau musical de ce dernier qui est repris(je n'en croyais presque pas mes oreilles; j'ai cru me tromper même...), la tarte aux myrtilles riches en symboles, mais aussi les ralentis, et sur tout le comptoir (symbole de distance)...
Dans 'In the Mood for Love', Maggie Cheung et Tony Leung s'aimaient en mangeant des nouilles sur une belle musique. Dans 'My Blueberry Nights', Jude Law et Norah Jones apprennent à se connaître autour de tartes aux myrtilles délaissées. Wong Kar-Wai a beau avoir changé de langue et continent, les fondamentaux restent là : plans au ralenti, même thème repris à l'harmonica... Pour le réalisateur chinois, l'amour semble définitivement rimer avec solitude. Au cours de son voyage à travers les Etats-Unis, Norah Jones rencontre des amoureux éconduits, des personnages qui ne savent pas se dire qu'ils s'aiment. Un film sur la distance aussi. Distance plus émotionnelle que physique entre les personnages, le comptoir qui sépare les protagonistes l'un devant le comptoir et l'autre derrière sert de symbole à cette distance. Mais aussi distance entre le réalisateur et ces êtres qu'il regarde évoluer derrière les vitres des diners. Du côté du casting, pour sa première apparition à l'écran, la chanteuse Norah Jones campe avec douceur ce personnage en fuite. Elle est secondée par les talentueux David Strathairn, émouvant en alcoolique solitaire, la rageuse Rachel Weisz, une Natalie Portman en joueuse fatale et enfin par le toujours très sensuel Jude Law. Au final, Wong Kar-Wai signe un film touchant, à l'ambiance mélancolique, qui donne simplement envie d'aimer.
J'avoue qu'en tant que fan du cinema asiatique (entre autre car j'aime beaucoup les comédies françaises!!!) et surtt des films de Wong Kar Wai, je fut surprise au début de ne pas voir des acteurs asiatiques et de voir à l'écran des "stars" américaines, mais leurs excellentes prestations m'ont vite fait oublié Norah Jones et Jude Law (très beau) pour ne plus penser qu'à Elizabeth et Jeremy.
Je vous souhaite à tous de douces "Blueberry nights"!
Par Anastasia KOMNIDIS.
My Blueberry Nights

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