04.10.2008

Jean Claude Marignale : le programme du Maître!

Bonjour,

 je tiens à vous publier ci dessous une lettre du professeur de danse Jean Claude Marignale. Cette lettre contient des informations concernant ses projets multiples : stages de danse, cours, soirées (surtout!! auxquelles je serais assurément présente, comme d'habitude J.C!).

Sur ces mots, je laisse le maître s'exprimer ci dessous! Bonne lecture.

A bientôt, Anastasia.

 
Salut à tous.....A vos agendas, car plus tard il sera trop tard ...
Et oui  ... nous voilà comme toujours, présent là où il faut et quand il faut.
 En ce début de saison, nous vous proposons un trimestre riche en rebondissement-
 
 -  Je serai en stage  de Modern jazz (niveau moyen) au  Studio  Harmonic à  Paris au  5 passage des taillandiers  (11ème)  -  métro   Bastille ou Ledru  Rollin  -  ce dimanche 5 octobre de 14h 30  à 17h30 . 
 
 -  Du 15 au  19  Octobre je  suis invité au  Festival et stage international de jazz  de Kielce  en  Pologne( cours de jazz, salsa-jazz, et jazz rock)
 -  Du 8  au 11  Novembre ,    je suis également   professeur  invité   à un   stage de danse  à   Varsovie ( cours de jazz - latin jazz -jazz rock)-
 
 -  Le dimanche 7 décembre ,  stage pluridisiplinaire à Nanterre  ;  mise en place du  programm en cour.hip-hop- new style- salsa- house dance-jazz-rock- moder-jazz-jazz-danse creoles-danses africaines- ragga dance-hall avec les profs top du moment.
 
 -  Le samedi 22 novembre : et oui,  retrouvez nos fameuses  soirées  TOUT EN DANSE.... 
     Soirée  "Cotton club" au Canal Opus  à l'occasion du   Festival " L ES  ARENES DE LA DANSE "( artistes invités et shows musique et danses)
 
 - Et donc... A ne pas manquer  ..
 notre  Festival de  Danse " LES ARENES DE LA DANSE " qui aura lieu du  26 au 30 Novembre  à Nanterre 
Ci joint ,une ébauche  de l'affiche , car  la programmation est en cours de finalisation mais dejà du beau monde en perspective.
Au programme  : 
          -   Stage de danse pluridiciplinaire
          -   Portes ouvertes  : répétitions en public,   débats sur le travail de création avec différentes cies ,    Questions - réponses.
          -   Spectacles jeunes publics en matinée
          -   Entre 3 ou 4 Spectacles en soirée...  :  Artistes Invités  : 
                                      Alliance Spirit DanceCie
                                      Cie Dominique lesdema
                                      Cie vincent Ansart
                                      Cie Azaria
                                      Cie Thierry Verger
                                      Cie Bruce Taylor
                                      Cie  Jean-Claude Marignale  
                                     ... et bien d 'autres encore...
Pour le bonheur de vos yeux et votre amour de la  Danse..
 
ET POUR CLOTURER  LE TOUT ..nous allons   organisons le Réveillon Tout En Danse le 31 décembre.
Diner- Spectacle...
 
Sans oublie les cours de danse  réguliers  : 
 -  modern jazz au studio harmonic
          le jeudi de 14h 30 a 16 h niveau moyen
          le mardi à 20 h 30 niveau moyen
          le samedi à 16 heures niveau- intermédiaire.
 -  jazz rock  " (jeu de jambes-shines) tous niveaux
          le mardi de 16 heures à 17 h 30
          le samedi de 17 h 30 à  19 heures.
 
 'espère vous voir nombreuses et nombreux  à  partager tous ces moments de plaisir avec nous.
 
Association Tout En Danse " Born to make you dance" (Une lecon de partage)
Jean-Claude Marignale .Directeur Artistique.
and myspace and more....
  Merci  et à bientôt. .. et merci de faire passer l'infos....
 
 
 
 
 
 
 

 

16.08.2008

Salsa!!

LE 16 AOUT 2008 :

            Je profite de ces quelques journées ensoleillées de l'été pour vous faire part de notes frivoles et légères et préciser à quel point j'aime danser la salsa depuis maintenant quelques années déjà!! Un style de danse, torride, sensuel et extrême!

Classiquement on distingue deux styles de salsa : la cubaine et la portoricaine.

1). La salsa cubaine, se danse entre arc de cercle entre les partenaires, qui pratiquent leurs figurent en produisant des "huit" en tournant beaucoup, en échangeant leurs places en passant par des mouvements de cercles ou arc de cercle (le partenaire fait faire des passes à la partenaire suivant des demi cercles et celle ci tourne autour de lui en somme, celui ci est loin d'être immobile même si son rôle est essentiellement un immense travail de guidage!). Figure de base : le "dile que no".

Où danser la salsa cubaine dans Paris ? Je vous recommande vivement le Wagg, le Diablito ou le Retro dancing.

La particularité de la salsa cubaine : il est possible de la danser en "rueda". La "rueda" est une ronde que forme plusieurs couples et une personne, parmi les danseurs de la ronde, annonce généralement une série de passes au fur et à mesure et tous les couples effectuent la même passe exactement en même temps suivant ce cercle. Le principe de ce cercle ou plutôt de la "rueda", est de faire passer la partenaire femme d'un partenaire à un autre après l'exécution d'une passe. Ainsi, dès que celui qui dicte les passes crie "Dame!" (=donne moi) les hommes de la "rueda" doivent céder leurs partenaires à l'homme suivant du cercle. Ces "ruedas" se dansent sur des musiques très rapides, et cette façon de changer de partenaire en tournant, donne une impression de tournis aux spectateurs! Il faut faire généralement preuve de précision, de rapidité, de dextérité, et "attaquer" les mouvements. Lorsqu'on ne danse pas la salsa en "rueda", on la danse en couple et le "must" pour les véritables amateurs de salsa cubaine est de danser sur de la "Timba", musique cubaine aux rythmes extrêmement rapides et effrénés que les danseurs de portoricaine ne peuvent apprécier autant.

2). La salsa portoricaine, se danse en ligne. Les partenaires effectuent des passes systématiquement en ligne, c'est à dire que lors de la passe, l'homme récupère la place de la femme et inversement (c'est le principe de la passe de base appelée "cross body", contrairement au "dile que no" -passe équivalente en cubaine- où l'homme est quasiment inactif et la partenaire passe devant lui pour changer de place en effectuant un arc de cercle). En cubaine, le partenaire homme a un important rôle de guidage, contrairement à la salsa portoricaine où les femmes sont bien plus autonomes dans leurs figures et façon de danser.

Où danser la salsa portoricaine dans Paris ? Très certainement au Barrio Latino, au Balajo ou encore à la Boca Chica.

 La particularité de la salsa portoricaine : on y effectue souvent des "shines" : séries de pas rythmés selon le décompte du rythme salsa (1, 2,3-5, 6,7...). Ces pas sont sensés mettre en valeur aussi bien les femmes que les hommes, ils peuvent avoir une visée comique ou glamour, ou sexy, bref, l'essentiel est d'accrocher le regard en se mettant le plus en valeur possible grâce à ces pas appelés "shines" qui comme leur nom l'indique sont là pour nous faire briller!

La salsa portoricaine peut également se danser à la "new yorkaise" sur le "2", autre rythmique qui est dignement représentée et enseignée par Mouaze Konaté au Studio Harmonic.

A vous de deviner de quel type de salsa je pourrais être adepte !

En attendant voici une vidéo du film « Salsa ! », certes, très « fleur bleu » mais on ne se lasse pas de la chanson éponyme de Yuri Buenaventura.

http://www.youtube.com/watch?v=zeB1bIr8fUg&feature=re...

 

Et ci dessous ma chanson préférée (j'adore!), même si ce n’est pas le type de rythmes que je préconise pour danser, mais comme toute danseuse de salsa (porto ou cubaine) j’adore Marc Anthony (qui n’est autre que le mari de Jennyfer Lopez) et particulièrement cette chanson : « Valio la pena ». A écouter absolument, plus qu’à voir car désolée Marc Anthony, mais le clip n’est pas à le hauteur de la chanson, du moins ce n’est que mon avis, qui n’engage que moi… http://www.youtube.com/watch?v=AyvaRqU2etk

 

A bientôt, Anastasia.

 

Petit rappel issu du site www. fiestalatina.fr

 

 

La Timba et les différents Genres de la Musique Cubaine
Par Leonel



 

La Timba représente depuis ces 15 dernières années les derniers développements de la musique cubaine. C’est le genre musical, pris au sens large, qui nous réunit principalement sur Fiestacubana.net.

Toutefois, il regroupe différents courants comme la Timba hard-core (ou pura dura) représentée par La Charanga Habanera, Manolin, Paulito FG ou Bamboleo, le Son Moderno représenté par Manolito y su Trabuco ou Adalberto Alvarez, mais aussi par différents courant uniques mais héritiers d’autres rythmes anciens comme Los Van Van ou Pupy y Los Que Son Son représentant le Songo, Elito Revé y su Charangon représentant le Changui con Timba, Sur Caribe représentant la Salsa con Conga, etc.

Tout comme le reste de la musique cubaine dansée, la Timba est le résultat d’une lente distillation dans l’alambic des cultures que constitue Cuba. Ce n’est que le dernier cru (je devrais dire avant-dernier si je prends en considération le Reggeaton) d’un processus finalement extrêmement lent de trans-culturation où les rythmes et influences africaines, créoles et populaires ou paysannes, ont peu a peu pénétré au cœur de la musique officielle aux origines européennes, espagnole (la guaracha), française (le menuet) et/ou anglaise (la contredanse ou ‘country dance’).

La Timba est construite, comme la Salsa, principalement sur le Son auquel elle a souvent substitué la Clave de Rumba, rendant le rythme plus complexe, plus syncopé, et dont la danse est plus ancré dans la terre. C’est une musique d’avant-garde dont les maîtres mots sont innovation, créativité d’une part et popularité et transe d’autre part.

Les Timberos continuent la tradition des Soneros avec les « Pregon », les question–réponses, mais ils utilisent des thèmes plus contemporains, plus urbains. Ils cherchent petit à petit à faire monter la sauce jusqu'à l’apothéose, jusqu’au délire total.

Pour arriver à leur fins, ils utilisent soient les joutes verbales qui excitent le public (parfois en montant un quartier de La Havane contre l’autre comme dans « La Expresiva » de NG La Banda), soit le défi d’une scène à l’autre (Sombrilla de La Charanga Habanera traitait Mayito Rivera de Los Van Van de « négresse » ou Michel Maza se moquait ouvertement de la chanson de Carlos Manuel « La Manzana » en la parodiant en « Mango en la cabeza » ou encore Manolin chante que c'est lui le roi « Yo soy el rey »). Il n’y a quasiment pas de chansons romantiques. L’attitude est plus proche du rappeur que du crooner. Les chansons traitent souvent des difficultés de la vie quotidiennes après la « Période Spéciale » de 1993 durant laquelle les cubains ont connu la disette suite à l’effondrement du mur de Berlin et à l’arrêt de l’aide économique du grand frère russe.

NG La Banda se moque des solutions proposées par le gouvernement pour lutter contre la disette et sa promotion du soja avec la fameuse chanson « Picadillo de Soja ». Los Van Van parlent du « Cheque » envoyé par la famille de Miami ou de la belle fiancée mulâtre qui est partie se marier avec un touriste italien dans « El Chocolate ». La Charanga Habanera parle de la prostitution induite dans « La Superturitica » ou de l’opportunisme féminin : « Buscate un temba que mantenga » disent ils : « cherche-toi un quadragénaire fortuné qui t’entretienne ». NG parlent de la rudesse des sentiments dans « La Bruja », tout comme plus récemment Calle Real qui chantent « Cuadrate porque si tu no te cuadras me voy con otras porque soy sueno de muchas otras ! » = « Change de comportement ! Parce que si tu ne changes pas, je m’en vais avec une autre, car je représente le rêve de bien d’autres ».

L’attitude n’est pas aux lamentations ou larmoiements si fréquents dans la Salsa Romantica mais à l’affirmation de soi (« (Ese) Soy Yo » que bizarrement chantent la Charanga Habanera, El Clan et Maraca ou bien « Yo no me parezco a nadie » chanté par Haila avec Bamboleo et Azucar Negra) et l’affirmation de ses propres chances dans la vie (« Ya No Hace Falta » de Bamboleo dans laquelle Vannia chante pour que son ex le laisse tranquille).

Typiques de cette démarche à la fois jubilatoire et prolétarienne, les titres de 2 disques phares du groupe le plus emblématique de la Timba, La Charanga Habanera, sont très clairs « Tremendo Delirio » (on traduirait de nos jours : Grave Délire) et « Soy Cubano, Soy Popular » (Je suis Cubain, Je suis populaire (*)) !

La religion afro-cubaine, la Santeria, est aussi très présente, comme un moyen de sortir des problèmes du quotidien cubain. Même si la Santeria a toujours été une source d’inspiration dans la musique populaire cubaine, la venue du Pape Jean-Paul II dans les années 90 a permis de libéraliser la pratique de tous les cultes et les cubains se sont souvent tournés vers cette religion bien ancrée et héritée des esclaves venus du Nigeria et qui ne s’apparentent ni à la sphère d’influence des capitalistes comme le catholicisme ni à celle des communistes.

Los Van Van chantent une ode à tous les saints du panthéon Yoruba, les Orishas, dans la chanson culte de Mayito « Soy Todo – Ay Dios Amparame », dérivée d’un magnifique poème. Adalberto Alavarez fait de même avec cette dernière interprétation de « Y Que Tu Quieres Que Te Den ». Mais on retrouve aussi des références aux Orishas partout, chez Pachito Alonso « Maferfu Obatala », chez NG La Banda « Santa Palabra », chez Dan Den avec « Viejo Lazaro », chez Elio Reve « Papa Eleggua » ou encore chez la Charanga Habanera « Extranos Ateos ».

Pour exciter le public, les Timberos utilisent aussi et surtout la virtuosité rythmique et mélodique. Ils concassent et fusionnent tous le genres musicaux en interprétant du coq à l’âne dans la composition ou dans l’improvisation des succès funky de Kool & the Gang, Earth Wind & Fire. Bamboleo jouait récemment « No Woman No Cry » de Bob Marley et l’an dernier Los Van Van chantait les Beatles! Tous les coups sont permis du moment que le public est surpris et est pris de transe.

Pour atteindre cette folie, ce délire, les musiciens de Timba ont intégré de nombreux éléments empruntés au Funk, au Jazz, au Rock et au Rap. Ils usent et abusent de breaks (les bloques), de polyrythmies issues des rythmes Batas, de riffs de cuivres syncopés (les Mambos et Champolas), de références au mélodies afro-cubaines de la Santeria (Orishas : Agua pa’Yemaya, Obatala esta wini wini, Eleggua Ooo.., Papa Chango, Oggun, etc.), de choeurs (les coros) empruntés aux succès de la Salsa (« La vida es un Carnaval », « La vida te da sorpresa, sorpresa te da la vida », « la vida esta loca loca…», etc..) ou aux dictons populaires cubains (« Ay que Dios se lo dio, San Pedro se lo bendiga », « El que no tiene de Congo, tiene de Calabari », etc.).

Les musiciens Timberos sont parmi les meilleurs musiciens à Cuba, voire au monde, malgré leur jeunesse. Ils ont étudié dans les exigeantes écoles de musique de l’Etat cubain (qui leur enseignent la musique classique avec l’influence des professeurs espagnols ou russes (**)) et ils leur faut à la fois dominer la musique classique, les musiques traditionnelles cubaines (Son et Afro-cubain) tout autant que le Jazz, le Funk, le Rock, la Salsa, etc. La plupart de ces musiciens sont issus de la Escuela Nacional de Arte (ENA) et/ou de l’Instituto Superior de Arte (ISA).

Certains sont de vrai maîtres comme Lazaro Valdes, le directeur, compositeur et pianiste de Bamboleo qui nous a montré qu’il jouait aussi la contrebasse. Jose-Luis Cortes « El Tosco » directeur, compositeur, chanteur et flûtiste de NG La Banda, est un virtuose de la flûte traversière dont il fut premier prix de conservatoire classique à Cuba (la légende prétend qu’il n’aurait pas été retenu comme premier soliste dans l’orchestre symphonique de Cuba car il est noir). Ces deux derniers jouent, composent et enregistrent avec des formations de Jazz de renommée internationale. De même pour le saxophoniste Juan Manuel Ceruto (ex Paulito FG, Issac Delgado), le trompettiste Alexander Abreu (ex Paulito FG, Issac Delgado, Caros Manuel, Los Van Van, etc.), le tromboniste Amaury Perez (ex Paulito FG, Issac Delgado), le violoniste et arrangeur Joaquin Betancourt (ex Issac Delgado, Adalberto Alvarez, La Rumba Soy Yo, etc.).

D’autres ont eu une influence décisive et définitive sur l’ensemble de la musique cubaine comme Juan Formell et Cesar ‘Pupy’ Pedroso de Los Van Van, ou Elio Revé et son Charangon, Enrique Lazaga et La Ritmo Oriental, ou David Calzado et sa Charanga Habanera grâce à leurs inventions dans le domaine de l’orchestration, des arrangements et des compositions.

Enfin, et non des moindres, certains laissent un trace indélébile par leurs interprétations, leur style et leurs compositions, Issac Delgado, Manolin El Médico De La Salsa, Paulito FG. Ces 3 artistes sont de vrais génies qui se sont échangés pendant quelques années les meilleurs musiciens de Cuba tout frais sortis de l’école.

La Timba a mis au devant de la scène de véritables talents exceptionnels pour leurs voix, des Divas ou de Stentors qui renverraient notre Star Académie au bac à sable. Michel Maza, en fait Michel Maza Marquez, un jeune chanteur effronté et instable, surnommé El Menor de La Salsa à ses débuts avec la Charanga Habanera, a en fait une voix exceptionnelle de Ténor. Son père, Jose ‘Pepe’ Maza du groupe Layé du Tropicana, et sa mère, Beatriz Marquez, Diva du Boléro, sont de grands chanteurs et professeurs de chant à Cuba et leur rejeton en a bien profité pour notre plus grand plaisir. Transposé en France, ça serait un peu le Pavarotti du 93 !

Paulito Fernandez Gallo fait ses débuts dans Dan Den puis dans Opus 13 avec une Sonera exceptionnelle, Jaqueline Castellano. Il est probablement aujourd’hui l’une des plus grande voix de Cuba.
Mario ‘Mayito’ Rivera , le chanteur noir de Los Van Van, bien qu’à l’origine bassiste et percussionniste, a imposé ses talents de chanteurs et fait rocker Los Van Van sur scène. Réécoutez ‘Tim-Pop con Birdland’ dans En Vivo en El Malecon De La Habana !

Bamboleo, Azucar Negra et NG La Banda ont révélés les nouvelles Divas de la chanson cubaine : Haila Mompie, Vannia Borges, Tanja Pantejo et Yeni Valdés. Ces 4 chanteuses ont à la fois des timbres très particuliers, un coffre impressionnant, un charisme et une présence scénique qui soulève et chavire les foules.

Les musiciens adoptent des tumbao complexes et obsessionnels. Juan Carlos Gonzalez de la Charanga Habanera développe pour la première fois des Tumbaos "sales" .. L'attaque rythmique est très percussive et elle se joue de l'exactitude du tempo, les harmonies sont très riches et les dissonances souvent recherchées et revendiquées. Les claviers répondent avec des contretumbaos. Le même phénomène intervient dans les arrangements des cuivres. Ils jouent en force, avec virtuosité, mais aussi jouent avec les dissonances. Rythmiquement, le Timba déchaîne un enchevêtrement de breaks, de bloques, et construit un échafaudage de figures syncopées, de polyrythmies mélangeant afro-cubain, rumba, funk et surenchère d’improvisation. Les Timberos commettent le sacrilège de changer souvent de clave (entre la clave de Rumba et celle du Son, entre la clave 2-3 et 3-2 ) au milieu du même morceau. Juan Formell répondra ironiquement aux critiques des puristes qu’il possède depuis longtemps sa "licence de Clave". La Charanga Habanera et la Elite, l’orchestre de Paulito FG, excellent dans ces ruptures rythmiques et ces changements de braquets démultipliant la cadence ou reversant l’accentuation.

La Salsa est au Son ce que le Pointillisme et le Fauvisme sont à l’Impressionnisme. La Timba est un revolution musicale au même titre que l’apparition du Cubisme. La Timba, comme le Cubisme en peinture déstructure les perspectives, assemble les contraires et concasse les références.

Il s'agit de rompre avec la routine de la Salsa commerciale. Chaque groupe de La Havane développe un son unique, immédiatement reconnaissable et identifiable. Il n'y a pas 2 grands groupes de Timba qui sonnent de la même manière :

Bamboleo sonne comme l'apocalypse avec des harmonies solennelles et sombres (Si agua no cae, Fiebre, etc.) , Paulito FG est plus pop, reggeaton funky ou romantique , Manolin El Medico De La Salsa est carrément funky, Issac Delgado apparaît comme l'oeil du cyclone, avec un swing particulier posé sur des compositions empruntées de tradition mais au milieu d'un déchaînement rythmique et instrumental, La Charanga Habanera adopte un style ouvertement Hip-Hop mais avec une section de cuivre à la virtuosité inégalée, Juan Carlos Alfonso mélange l'héritage de la Révé avec un nouvel approche sonore des synthétiseurs et le rythme Dan Den, Los Van Van durcissent continuellement leur Songo, ils nous mettent "La Cabeza Mala" pour finir par exploser récemment avec Agua, Pupy Los que Son Son réalise une synthèse, un mur de son et de Son, en intégrant les apports de tous ces derniers groupes et en proposant une musique nouvelle et puissante.

Sous la pression, même les groupe de Son Moderno, comme Manolito y su Trabuco et Adalberto Alvarez y su Son, ou même Maraca, commencent à jouer de plus en plus dur, de plus en plus afro, et à oser des figures harmoniques, rythmiques plus périlleuses, plus afro-cubaines, plus Timbera. Maraca lance le "Castigala" (Punis la !), avec "Hablando en Serio", Manolito fait bouillir la marmite et nous sert un magma en fusion. Il fait entrer dans le groupe le Reggeaton avec un jeune Rappeur, Lazaro Miami Diaz ! L’autre chanteur, Amaray, se montre de plus en plus RnB dans ses interprétations.

La Timba utilise tous les registres de la culture et de la musique cubaine ou d’ailleurs afin d’innover et de surprendre sans cesse son public, principalement la jeunesse de 7 à 77 ans à Cuba et nous autres, les fanatiques ! C’est bien ce qui en fait son intérêt.

Nombreux sont les morceaux de Timba où l’on peut ressentir le rythme Pilon, ou un Mambo à la Perez Prado, un passage de pur Guaguanco, un détour par un Danzon-Cha-Cha-Cha. Tous trouvent leurs racines profondes dans le Son (de Compay Segundo) ou le Son Montuno (de Arsenio Rodriguez) ! L’influence de Jean-Sebastien Bach se fait sentir dans les Tumbaos de piano (re-écoutez le dernier disque de Michel Maza « Que Hablen Los Habladores » avec Sergio Noroña au piano dans la chanson « El Coleccionista »). On entend parfois dans Los Van Van « Que le den candela » ou NG La Banda des reprises de compositeurs russes comme Rimsky-Korsakof dans certaines mélodies.

Quelques projets récents montrent clairement que la Timba n’est que le prolongement naturel de la Musique Cubaine traditionnelle. Je citerai « Ese Huevo Quiere Sal » de Pascualito Cabreras y su Tumbao Habana ou « Projecto Nega – Salsa Son Timba » de Fidel Morales qui démontrent que l’on peut interpréter n’importe quel genre traditionnel cubain et l’amener à de la Timba. On peut encore citer le magnifique disque de Grupo Danson « Mi Musica ».

Toutefois les influences les plus récentes sont clairement le mélange avec le rythme de la Conga (Pupy y Los Que Son Son, Sur Caribe), avec les rythmes Bata (Los Van Van « Chapeando », Adalberto « Y que tu quieres que te den ? », Tirso Duarte, etc. ), avec le Reggeaton (Bamboleo, Manolito, La Charanga Habanera), avec la Pop Latino et le Merengue (Haila, Arnaldo y su Talisman, Manolito, Aramis Galindo), avec les Mariachis et le Rock Latino (Dayron y el Boom, El Clan), et avec tout et n’importe quoi comme des compressions du sculpteur César en France (Los Angeles De La Habana).

Le Son et la Rumba sont clairement les 2 pièces angulaires de la musique cubaine populaire. Lorsque Juan Formell a inventé le Songo pour Los Van Van avec José Luis ‘Changuito’ Quintana, Cesar ‘Pupy’Pedroso et Blas Egües, il l’a fait en fusionnant le Son, le Guaguanco avec le Rock et le Jazz.

Le Son et la Rumba restent très vivants à Cuba et se développent de leur cotés avec des échanges avec la Timba. Il n’était pas rare de voir à La Havane un concert de Timba avec un groupe Folklorique comme Tumbao Habana avec Yoruba Andabo, Bamboleo avec Clave y Guaguanco, ou NG La Banda accueillant el Gran Dia del Babalawo.

De même que la Timba se développe, les groupes de Rumba inventent sans cesse de nouvelle formes : le dernier disque de Clave y Guaguanco « La Rumba que no se termina » montre cette démarche d’expérimentation. Mayito Rivera de Los Van Van essaye la fusion du Guaguanco et du Negro Spirituals dans une magnifique chanson « Y Sigo Buscando » de son dernier disque en solo « Llego La Hora ». Le succès et la nomination aux Grammy de « La Rumba Soy Yo », dirigé par Joaquin Betancourt, ancien directeur musical de Opus 13 et Paulito FG, démontrent de la vivacité et de la qualité de la créativité dans le monde de la Rumba à Cuba.

Le Son aussi, même traditionnel ou populaire, se renouvelle avec de jeunes prodiges comme David Alvarez y su Juego De Mano ou Los Jovenes Clasicos Del Son et le célèbre Pedro Lugo « El Nene » (un génie de la voix à la fois Sonero et Rumbero).

Le Son Montuno est toujours porté haut et fort par le Septeto Habanero, le Septeto Nacional, Sierra Maestra ou le Conjunto Rumbavana. Le dernier disque de Rolo Martinez ‘Para Bailar Mi Son’ montre la proximité du Son Montuno et de la Timba (avec Bamboleo comme orchestre). Tout comme les magnifiques interprétations par Manolito y su Trabuco des compositions d’Arsenio Rodiguez dans « Eso si se llama Querer » ou « Hablando en Serio ».

(*) « Soy Cubano, Soy Popular » est probablement un triple jeu de mots : Je suis Cubain je suis « populaire » au sens de « du peuple » ou « célèbre » ou « Popular » (une marque de cigarette à Cuba dont « Soy Cubano soy Popular » est le slogan publicitaire)

(**) Le nouveau choriste et violoniste de Bamboleo fait une démonstration en concert de sa virtuosité dans le style russo-tzigane avant de faire une introduction orientale pour « Amor Loco » !


Afin de s’y retrouver, la musique cubaine peut être catégorisée comme suit (*):

Musique Populaire Dansante Contemporaine
- Son moderno : Adalberto Alvarez, Manolito y su Trabuco, Salsa Mayor
- Songo : Los Van Van, Pupy y Los que Son Son, Ritmo Oriental
- Salsa Cubana: Issac Delgado, Yumuri, Pedrito Calvo
- Timba : Charanga Habanera, Paulito FG, Bamboleo, Manolin, Azucar Negra, Klimax, Tirso Duarte, Tumbao Habana, etc.

Le Complexe du Son ou La Musique Cubaine traditionnelle
- Son Tradicional : Compay Segundo, Faustino Oramas,
- Nengon, Changüí : Elio Revé, Grupo Changüí de Guantánamo,
- Guarija, Guaracha, Guapacha, Punto Cubano : Celina Gonzalez, Celia Cruz,
- Son Popular: Polo Montanez, Los Jóvenes Clasicos Del Son, David Alvarez,
- Son Montuno : Arsenio Rodriguez, Conjunto Chappotin, Benny More, Roberto Faz, Rolo Martinez,
- Sucu Sucu : Isla Caribe
- Merengue / Cumbias / Bachatas Acubanadas : Manolito y su Trabuco, FeverSon, Aramis Galindo, Ritmo Oriental
- Les Charangas : Original de Manzanillo, Maravillas de Florida, Ritmo Oriental,
- Pachanga : Pacho Alonso,
- Mambo: Perez Prado,

Musique Dansante de Salon
- Contradanza,
- Danzon,
- Danzonete,
- Bolero,
- Cha Cha Cha : Orquesta Aragon,

Le Complexe de la Rumba
- Rumba (Yambu, Guaguanco, Columbia) : Clave y guaguanco, Los Munequitos de Matanzas, Yoruba Andabo, Conjunto Nacional Folklorico, Coro de voces y coro de clave,

Les Rythmes de Carnaval et de Fiesta de la Calle : les Comparsas
- Conga : Conga de los Hoyos,
- Pilon : Pacho Alonso y Enrique Bonne,
- Mozambique : Pello El Afrokan,

La musique Afro-Cubaine
- Orishas : Tambor Iyesa, Igbodu (Nigeria) ou Arara (Benin), Chekere ou Guiros : Lazaro Ros, Abbilona
- Abakua (Calabar),
- Congo : Palo, Makuta, Kinfuiti,
- Yucca,
- Tumba francesa,
- Bembe,

La Chanson Cubaine
- Cancion,
- Feeling,
- Trova,
- Nueva Trova : Pablo Milanes, Silvio Rodriguez, Francisco Cespedes,

Les autres musiques venus d’ailleurs :
la musique populaire et commerciale :
- Reggaeton : Eddy-K, Cubanito 20.02, Candyman, Clan 537, le Fres-K,
- Rap : Orishas, HEL, Eleyo, etc.
- Rock : Moneda Dura, Wena Onda,
- House, Techno,
- Funk, etc...
le jazz, le latin-jazz, la musique experimentale
la musique classique, musique sacrée


(*) Ces catégories sont indicatives et non définitives même si les musicologues cubains ne la renieraient pas. La références au groupes est elle plus discutable mais elle permet d’avoir quelques point d’ancrage afin de débuter sa quête (interminable) de la connaissance de la musique cubaine ;-).

 

16.07.2008

Casting, la comédie musicale de l'été!!

 LE 15 JUILLET 2008 :

Bienvenue sur le site de CASTING - le musical, de Guillaume Nozach et Vinh Giang Vovan.

Casting - le musical
Showtunes / Comédie

"Musical de Guillaume Nozach et Vinh Giang Vovan"

Comédie musicale, Ile-de-France
France

Voir : + de photos | Videos

En ce moment :

CASTING - le musical est dévoilé
du 16 au 20 juillet 2008
au Vingtième Théâtre,

dans le cadre du
Prix Découverte
du festival Les Musicals.

 Bonjour, un petit mot pour vous suggérer cette comédie musicale qui a pour titre "Casting" et qui se joue dans le 20 ème arrondissement (mon quartier électoral de prédilection pour y avoir fait toutes mes campagnes électorales jusqu'à présent)et au Vingtième Théâtre, un agréable petit théâtre, très convivial! Tout ce que je peux dire c'est que les personnes qui ont travaillé sur "Casting" l'ont fait avec beaucoup de coeur, d'ardeur, d'amour et d'humour... Et tutti quanti...

Bref, cette comédie musicale est faite pour vous amateurs de danse qui aimez la danse et vous y intéressez de près ou de loin mais aussi, pour vous "profanes" qui ne connaissez pas forcément cet univers mais qui, en attendant vos vacances, ou au retour de celles ci (qui sait?) souhaitez vous plonger dans une univers "fun".

Alors foncez y vite! Ca déménage!

Pour plus d'informations cliquez sur le lien suivant :

Anastasia Komnidis.



Détails et réservation >>>

05.07.2008

Stages Jean Claude Marignale

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HORAIRES : stage de danse tous les jours avec Jean Claude Marignale au Studio Harmonic (M° Bastille ou Ledru Rollin)

Au programme : - Modern Jazz (Niveau Moyen Intermédiaire) - Jazz Rock, Street Dance (Tout niveau)

Renseignements : studio Harmonic 01 48 07 13 39

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Planning des cours :

MODERN JAZZ (niveau Moyen Intermédiaire) :

Lundi 7 juillet à 17h30 - Mardi 8 juillet à 17h30 - Vendredi 11 juillet à 17h30 - Samedi 12 juillet à 16h00 - Mardi 15 juillet à 20h30 - Jeudi 17 juillet à 20h30 - Vendredi 18 juillet à 20h30 

JAZZ ROCK, STREET DANCE (Tout niveau) :

Lundi 7 juillet à 20h30 - Vendredi 11 juillet à 20h30 - Mercredi 16 juillet à 19h00 - Samedi 12 juillet à 17h30

24.06.2008

Stages de danse Jean Claude Marignale

DANSE : 

 LE 24 JUIN 2008

Bonjour ci dessous un petit mot de la part d'un des chorégraphes que j'apprécie et dont je n'ai pas souvent l'occasion de prendre des cours avec lui mais je vais remédier rapidement à cela dès la prochaine rentrée car il s'est montré très aimable et très très patient dimanche dernier (il sait pourquoi et je le remercie pour sa compréhension!). Jean Claude Marignale (dont j'ai déjà parlé sur ce blog) vous indique ci dessous ses horaires de stages d'été, alors avant de partir en vacances pensez à vous dépenser un peu, et si vous ne partez pas alors mettez un peu de gaité dans votre vie cet été. Avec Jean Claude, c'est 100% sourire garanti!!

Anastasia.

 

 Bonjour à tous..
C'est dèja l'été et le corps a ses raisons que la raison ignore alors prenez en soins..
car au programme toujours danse et encore danse..
Alors pour ça , ci joint les stages de juillet seront un complement  pour   embellir vos vacances
modern - jazz hip hop- jazz rock--
hope to see you .............
tous les infos sur le nouveau blog...
Après vos yeux vos commentaires  sont les bienvenus sur
www.jeanclaudemarignale.com ..rubrique blog..
 a plusssssssss
bye.0.
Mister Dynamite.

stage-harmonic-juillet-2008-blog.jpgJean-Claude Marignale et ses élèves présenteront leurs chorégraphies jazz et jazzrock le samedi 28 juin 2008 au théatre Saint Martin.

Venez nous retrouver pour les 20 ans du Studio Harmonic.

Renseignements au 0148071339

02.06.2008

Festival "Tout en danse"

  1.  LE 1er JUIN 2008 :
  2. FESTIVAL « TOUT EN DANSE » des 30 et 31 MAI 2008 :
  3.             Samedi dernier, le 31 mai, nous sommes allés à sept au Festival « Tout en danse » organisé par Jean Claude Marignale, un chorégraphe de renom et fondateur de l’association et compagnie de danse « Tout en danse ».

Le programme : Du 30/05/2008 au 31/05/2008
Spectacle : Festival "Tout en danse" : JEAN-CLAUDE MARIGNALE ET THIERRY VERGER
Compagnie Hubert Petit-Phar, "Vois où je vis", duo par Hubert Petit-Phar et Delphine Cammal (15 min)
Compagnie Vincent Ansart, "Lumière des épris", duo par Vincent Ansart et Mickael Cassan (13 min)
Compagnie Mouvements d’âme, "Au coeur des hommes" avec Lionel Amadote, Claire Leroux, Maud Lesage, Florence Barquero, Sophie Burdiat et Caroline Chouard (20 min)
Compagnie Thierry Verger, solo de Sarah Sottocasa (10 min), solo de Magalie Lesueur (9 min), solo de Laora Desideri (7 min) et solo d’Anne-Sophie Leonhard (7 min)

> Lieu : Café de la Danse
5 passage Louis Philippe - 75011 Paris

  1. Quelques mots sur Jean Claude Marignale avant de parler du festival en lui-même. Jean Claude, est antillais d’origine, il arrive en France métropolitaine à l’âge adulte et commence tardivement l’apprentissage de la danse. Mais, sa passion et sa détermination soudaine pour la danse vont l’amener à travailler deux fois plus que les autres pour finalement pouvoir faire de cette passion, son métier ! Son style de danse est divers et varié, il a des facilités pour tout ce qui est rythme afro antillais du fait de ses origines, le corps parle de lui-même. Il est aussi passionné de salsa portoricaine et à cette occasion il a souvent été amené à collaborer avec Mouaze ( professeur de salsa reconnu dans le milieu) pour la présentation de ce qu’ils appellent les « clowneries » : show qui se veut « rigolo » et basé essentiellement sur des « shines » (= pas salsa effectués en solo pour précisément « briller » et montrer, l’espace de quelques instants, ce que l’on est capable de faire pour se montrer à la fois inventif, original, glamour ou comique, tout en restant dans le tempo salsa (1-2-3 ; 5-6-7…). Jean Claude Marignale a créé plus de 15 pièces chorégraphiques dont sa dernière création "Before Midnight". Il fait partie des pionniers du jazz rock ainsi que du Collectif Jeu de Jambes, qu'il a décidé avec d'autres (Moossa, Dominique Lesdema, Dominique Lisette, Richard M'Passi, Jean Claude Guilbert...) de faire renaître en 2002. Les places des spectacles du "Collectif jeu de jambes " se vendent à guichets fermés!! Il est aussi le chorégraphe de la revue Musicale "Swinging Fantasy" au Casino de Deauville et auparavant au Casino d'Enghien les Bains.
    www.toutendanse.com
  2.             Jean Claude Marignale a eu l’idée avec la collaboration de Thierry Verger autre chorégraphe qui dirige aussi une compagnie de danse, d’organiser un Festival de la danse au Café de la danse les 30 et 31 mai derniers.
  3. A l’occasion de ce festival d’autres compagnies ou chorégraphes ont été invités, à savoir : Vincent Ansart et sa Compagnie "Temps d’Aime", Hubert Petit Phar, Lionel Amadote et sa Compagnie « Mouvements d’âmes » dont il a déjà été question sur ce blog.
  4. Ce festival de danse était composé de cinq tableaux de danse modern' jazz totalement différents les uns des autres. Cependant, tous ces tableaux ont pour point commun le thème des rapports de force et de la domination.
  5. 1. Ouverture de ce festival avec la Compagnie de Thierry Verger : un homme (Thierry Verger) sur scène avec quatre femmes qui arrivent tour à tour sur scène. Une chorégraphie qui brille par sa technique certes, mais qui laisse perplexe pas mal de monde, dont moi. Peut être suis-je trop néophyte pour comprendre… La chorégraphie est complexe, technique et difficulté supplémentaire, le chorégraphe y a rajouté des élastiques qui relient les danseuses entre elles.  C’est dans  un univers presque obscur que nous plonge ce tableau chorégraphique. On pourrait presque s’autoriser à penser que la scène se déroule dans une cave ou un quelconque lieu mal éclairé et glauque, tellement mal éclairé que le chorégraphe lui-même (relativement immobile sur scène, sans faire paraître la moindre performance de danse de sa part) se sent obligé d'éclairer ses danseuses à l’aide d’un malheureux projecteur qu’il tient à la main. Cette scène vient à ajouter à cette ambiance peu claire déjà établie par le contexte général, qui ne met guère à l’aise… Les danseuses se succèdent tour à tour sur scène et leurs corps s’adonnent à des torsions et se contorsionnent, comme s’ils se convulsionnaient, bref, des corps tels qu’on les imagine au moment d’un orgasme… Ici le seul homme présent sur scène semble dominer toutes ces filles de par son voyeurisme à les voir, les regarder ainsi se laisser aller. Il tient son projecteur presque comme on tient une caméra d’amateur…
  6. 2. Le deuxième tableau, est une chorégraphie qui met en scène un duo masculin cette fois ci : Michael Cassan et Vincent Ansart. Ces deux danseurs jouent le rôle d’un jeune couple qui se laisse progressivement aller à des étreintes et vers un bonheur, un souffle d’air qui les rend de plus en plus légers car habités par cette joie de vivre de s’être trouvé et d’assumer au grand jour leur relation. C’est cette progressive acceptation de la relation avec une personne du même sexe que ce tableau est, sans doute, voué à nous faire comprendre…
  7.       C’est dans un cadre, encore une fois sombre et sinistre que démarre ce deuxième       tableau. Seule une croix vient à éclairer la scène, symbole religieux symbolisant très         certainement l’interdit entre ces deux hommes. Au début de la chorégraphie, l’un des        deux hommes a les yeux bandés et est recroquevillé sur une chaise ecclésiastique       (encore un rappel à la religion). Progressivement, l’autre personnage vêtu d’un  magnifique          costume très XIX ème siècle, vient à chercher à l’influencer, le persuader, l’entraîner,      le mener quelque part. Quelque part, où l’autre personnage aimerait certainement aller mais sans oser y aller de lui-même. Les yeux bandés et ce corps attaché signifient sans   doute, son refus de voir la réalité en face, sans doute une difficile acceptation de la part    de ce jeune personnage qui n’ose, au XIX ème siècle, avouer son attirance pour les        personnes du même sexe. Ce corps attaché signifie probablement, de façon         symbolique que cet homme se sent prisonnier par les principes et les conventions de la            société. Aussi, l’autre personnage, qui dispose de plus d’assurance, va le forcer à ne        plus se mentir à lui-même, et à s’affirmer. Cela ne se fera pas sans difficultés, un        combat entre les deux hommes vient à se livrer sur scène. Non pas un combat      d’affrontement et de violences, mais au contraire, le personnage dominant qui affiche   ouvertement sa sexualité, va pousser l’autre (certainement plus jeune) à s’affirmer. Le         jeune homme aux yeux bandés, va finalement y voir plus clair et briser ses     chaînes et barrières psychologiques. C’est un instant de légèreté qui s’installe alors        entre les deux hommes. Les corps se dénudent, ils dansent un pas de deux avec légèreté et frivolité et des    éventails à la main… Les danseurs ont tous deux une plastique magnifique, cette            remarque pour souligner le solide travail que ceux-ci doivent effectuer avec leur             corps   par ailleurs. La technique des danseurs y est tout simplement parfaite, ce jeu « en             miroir » nous donnent vraiment l’impression de ne voir qu’un seul et même danseur     sur scène, tellement la coordination et l’exactitude de leurs mouvements sont au rendez vous !!            Un bien agréable moment artistique !!!
  8.       3. Le troisième tableau est une chorégraphie de Jean Claude Marignale. Il s’agit d’un hommage à Aimé Césaire. Le début de la chorégraphie est accompagné par un texte de cet auteur (auquel j’ai déjà fait un hommage sur ce blog !!). Les danseurs sont tous des            danseurs afro qui vont ici nous faire une prestation d’afro jazz.
  9.       Ces danseurs sont au début tous vêtus de la même façon en blanc, pour faire ressortir             la couleur noire de leur peau…Et sans doute que la scène se déroule dans un endroit où le            soleil doit être violent… Mais, en l’occurrence il n’y a pas que le soleil qui est       violent !! La chorégraphie en elle-même est violente et forte, à l’image de la danse       africaine ! Derrière le côté exagérément festif  se cache une violence, une volonté        d’exulter, de se libérer ! La chorégraphie, commence tranquillement, trop         tranquillement, des esclaves chantonnent et font quelques pas sommairement        chorégraphiés et simulent le bruit du métal qui recouvrait la semelle des chaussures des esclaves de jadis…    Ces bruits (aujourd’hui appelés « claquettes ») étaient autrefois des "codes" que les      esclaves se donnaient entre eux, lorsqu’ils étaient emmenés pour travailler dans les     champs de cotons avec leur machettes à la mains.
  10.       Puis, pendant qu’ils chantonnent et dansent sereinement, tout en travaillant dur,       l’un d’entre eux semble commettre l’irréparable et probablement assassine un de leurs       geôliers… Une panique générale s’empare alors des personnages qui se mettent à          exprimer cette panique en dansant de façon presque agressive voire, une forme de folie       semble s’être emparée de certains d’entre eux !!
  11.       Puis, ces mêmes danseurs réapparaissent tour à tour, sur scène, vêtus cette fois ci de vêtements différents de couleur terre ou soleil, bref, les vêtements de la liberté,      « leurs » vêtements à eux et non plus leur uniforme d’esclaves ! Ici, les sonorités des percussions qui les accompagnent depuis le début se veulent de plus en plus       enjouées et gaies. Les danseurs vont alors se laisser aller et utiliser la danse et la         musique produite par ces percussions comme un exutoire qui va leur permettre de se            débarrasser de toute cette violence et cette oppression qui, jusque là, habitait leur        corps. La salle se met à applaudir avec eux, on dirait presque que beaucoup auraient      souhaité aller les rejoindre sur scène afin de danser en leur compagnie… Cette fois ci l’être dominant n’était pas sur scène, mais nous avons bien compris qu’il s’agissait là       du joug de l’esclavage…
  12. 4. Il s’ensuit une chorégraphie signée Hubert Petit Phar, où une femme et un homme se     livrent à un chassé croisé sur scène pour finalement se retrouver. La musique était          intéressante.
  13. 5. Le cinquième et dernier tableau était interprété par la Compagnie de Lionel Amadote,   « Mouvements d’âmes ». Je ne m'attarderais pas énormément sur mon interprétation de ces passages chorégraphiques car ils étaient de loin mes préférés. Il se trouve que   je connais le chorégraphe pour prendre des cours avec lui et certaines des danseuses sur scène. Donc, certainement je vais manquer d’objectivité et surtout, je ne souhaite pas dénaturer le travail de mon professeur, qui est susceptible de lire cette note, et risquerait de s’étouffer si mon imagination débordante vient à dire quelconques sottises sur son travail…
  14.       Mon artiste préférée, Zazie, était mise à l’honneur dans ce cinquième et dernier           tableau. Cinq titres de son dernier album, « Totem », sont ici chorégraphiés par Lionel           Amadote.
  15.       Leur prestation commence par le titre « Je suis un homme », où les danseurs (cinq    filles –Claire, Maud, Caroline, Sophie et Florence- et un homme, Lionel) « tournent en rond »,     comme le dit la chanson et toujours forts en technique, voire même plus impressionnants techniquement parlant que les autres tableaux, effectuent des mouvements presque mécaniques, sans pour autant être robotisés non plus, mécanismes qui ponctuent notre quotidien, un quotidien dicté par la société de consommation. L'Homme, l'être humain au sens général (qu'il s'agisse d'une femme ou d'un homme), est assoiffé de pouvoir et de belles choses, choses qui ne sont que matérielles et peut être même futiles, mais qui sont toutefois le reflet de son pouvoir.
  16.     Dans cette chorégraphie aux mouvements mécaniques, se distingue (peut être?) une autre interprétation en filigrane : un seul homme sur scène, le titre interprété s’appelle « je   suis un homme », doit on y percevoir une quelconque volonté de cette homme de vouloir s’affirmer dans cette société de consommation où les femmes (interprétées par les cinq danseuses précitées) sont désormais maîtresses de leurs instincts et de leurs envies? Mais, surtout ces cinq femmes, ont l’air légères dans leurs mouvements, sûres d’elles, leurs gestes et mouvements sont précis et fermes. Le seul homme sur scène aura beau clamer : « je suis un homme ! » de par sa façon de danser, il n’empêche que la scène et nos yeux sont envahis et éblouis par la détermination de ces cinq femmes…
  17.  
  18.                   Le deuxième titre interprété toujours par ces mêmes danseurs est « ça », un autre titre de ce dernier album de Zazie. Dans cette chorégraphie, les cinq femmes et Lionel dansent avec des chaises, et une incommensurable émotion fini par envahir la salle. Nous nous efforçons tous de nous retenir de pleurer, mais ce fut peine perdue pour moi…Ces danseurs interprètent à merveille les paroles de cette chanson sur la rupture, qui dit que l’on peut tout oublier dans une vie, toutes ces choses futiles (dates d’anniversaires et autres prétextes pour faire la fête, ou aussi nos clés tout simplement…) mais, que l’amertume d’une rupture qui nous plonge directement vers les agréables moments passés avec cet être qu’on a aimé et chéri, « restent là » et « ça ne s’explique pas »… Les danseurs sont tour à tour légers et virevoltent autour de leur chaise, lorsqu’ils nous expriment, avec leurs mouvements, que tout cela appartient au passé et qu’il faut aller de l’avant. Mais, d’un seul coup, leurs corps à tous se crispent et se contractent lorsqu’il s’agit de nous rappeler que « ça reste là », avec le poing au plexus, et qu’on ne peut oublier. C’est un intéressant panel d’émotions très fortes (regrets, remords, joie, légèreté, bonheur, tristesse, aigreur et j’en passe…) que nous livrent ici les six danseurs, dont Lionel. Les chaises viennent probablement symboliser, non pas  la politique de la « chaise vide », (que l’amatrice de politique, que je suis, connaît bien) mais certainement le vide provoqué par cet être cher qui est parti, ainsi, un mois d’août…
  19.       Magnifique moment criant de véritables émotions et accompagné d'une solide technique artistique.
  20.                   Le troisième volet de cette série de chorégraphies sur Zazie concerne la          chanson «  07 décembre ». Cette fois ci, Lionel Amadote apparaît seul sur scène. Le   personnage, qu’interprète Lionel, a-t-il besoin de s’affirmer, de souffler vis-à-vis de       ces cinq autres personnages femmes au point d’apparaître en solo? Ce       personnage semble être dominé presque par ces cinq femmes sûres d’elles et            envahissantes, les rôles seraient ils inversés ?
  21.                   En effet, cette chanson «  07 décembre » sur les amours malheureux, les          liaisons qui perdurent, auxquelles nous nous accrochons désespérément et qui n’ont         plus lieu d’être pourrait très bien, classiquement, être interprétée par une femme. Mais,   Lionel qui s’inscrit toujours dans une volonté de rompre avec le classicisme, brise ces       clichés déjà vus et revus, pour en extraire une interprétation tout autre, une      interprétation unique : la sienne. En l'occurence, c'est un homme qui espère secrètement voir sa relation changer et se complait dans cette histoire, d'ores et déjà, terminée...Classiquement, ce sont des femmes qui incarnent ce rôle...
  22.                   C’est dans un énergique solo que Lionel décide d’aborder cette chanson mais             aussi dans la sobriété. Seuls une chaise et lui-même sont présents sur cette scène. Il va      donc jouer de manière extrême certains passages de ce solo (y avait il une volonté de     sa part de « sur jouer » ?) particulièrement les passages où l’interprète de la chanson       parle de ses nuits, de ses rêves, au cours desquels nos relations paraissent idylliques,   pleines de passions et sans faux semblants. Alors que le jour venu, et là le personnage             se calme dans ses envolées et constate avec regret en regardant sa chaise vide, que sa     relation avec l’être qu’il aime est vide de sens et ne va nul part, la dure réalité fait surface. Le regard de Lionel       Amadote est particulièrement expressif à ce moment là et il n’y a nul doute qu’il était   véritablement rentré dans son personnage et nous, dans la vie de son personnage. Nous éprouvons donc de la sympathie voire même plutôt de l’empathie (hélas !) pour le             personnage qui nous touche droit au cœur… C’est le cœur serré que nous voyons       s’achever la fin de cette énergique et touchante chorégraphie, le cœur serré avec ces   mots qui martèlent la tête de notre personnage, et par conséquent la notre aussi, :          « You don’t love me ! You don’t love me ! ». Le cœur serré et les larmes aux yeux…    Bravo Lionel !