06.07.2008
Construction européenne Edito de Nicolas Dupont Aignan
Nicolas Dupont-Aignan était l'invité de Christophe Barbier sur LCI le Vendredi 20 Juin 2008 sur le thème du non de L'Irlande au le traité de Lisbonne. ( voir la vidéo )
Débat entre Alain Lamassoure et Nicolas Dupont-Aignan au soir du refus Irlandais du Traité de Lisbonne. Soir 3 du Vendredi 13 juin 2008. ( voir la vidéo )
Dignité ( lire le billet )
Europe : les raisons de la colère (lire le billet)
Défense nationale… le passage d’une assurance tout risque à une assurance au tiers (lire le billet)
Imposture ! (lire le billet)
Enfin la réalité se fait jour et de plus en plus d’observateurs, jusque là silencieux, reconnaissent que l’intégration, en cours d’épuisement, ne saurait résumer à elle seule tous les possibles européens. On constate aujourd’hui qu’il est impossible - et même peu souhaitable - de décréter une Europe uniforme à 27 (et plus !) sacrifiant la démocratie. On admet chaque jour davantage que le sentiment national est le plus fort. C’est bien pourquoi je me bats avec DLR depuis toutes ces années pour que l’Europe s’appuie enfin sur ses nations, au lieu de les brimer, voire de les étouffer. Rendons autant de compétences que nécessaire aux Etats-nations démocratiques, favorisons au niveau européen des coopérations à la carte qui soient autant de multiplicateurs de puissance pour chaque pays participant !
Réhabilitons l’idée de nation, de ces peuples bien dans leur peau et disposés à coopérer entre eux librement, sans jamais perdre leur âme ni leur dignité.
C’est à cela que nous travaillerons lors des Universités de rentrée de Debout la République, avec de célèbres invités comme Emmanuel TODD, Jean-François KAHN, Jean-Luc GREAU,…
C’est au service de cet idéal que nous tiendrons notre Congrès fondateur le 23 novembre prochain à Paris.
D’ici là, bonnes vacances à tous !
21:11 Publié dans actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dlr, europe, nicolas dupont aignan
19.06.2008
L'Europe telle que je la vois...
LE 19 JUIN 2008 :
Bonjour,
contente que les irlandais aient voté "NON" au référendum sur la poursuite du processus de construction européenne. Ils ont eu, eux, le privilège de voter par référendum, pour ce qui concerne cette question ce qui n'est pas le cas de tous les Etats. Toutefois, je suis étonnée de m'apercevoir que le processus de ratification du Traité de Lisbonne se poursuit comme si de rien n'était.
Aussi, comme je me suis déjà prononcée sur cette question et que vous connaissez mes positions je me permets de rééditer une note que j'avais déjà publié à ce sujet, mais je profite de l'actualité politique pour remettre ce thème en avant sur ce blog. Ainsi, pour ceux qui ne l'auront pas encore lue, il n'auront nul besoin d'aller chercher dans les archives du blog pour connaître ma position très claire sur la question.
Voir ma note ci dessous, bonne lecture!
L’EUROPE SELON MOI :
Je suis, comme vous le savez, d’origine européenne (puisque j’ai des origines grecques) et suis « pour » l’Europe bien évidemment, mais pas n’importe comment et pas à n’importe quel prix ! Aussi, je désapprouve le Traité de Lisbonne et je vais vous expliquer pourquoi en quelques lignes.
Le 4 février dernier fut voté en Congrès, à Versailles, le fameux Traité dit de « Lisbonne ». Ce traité pâle et sombre copie du « Projet à la Constitution européenne » proposé par référendum aux français en 2005, est finalement passé de « force » en ce 4 février 2008 par la voie parlementaire finalement. Je rappelle au passage que 55 % des français avaient refusé ce texte en bloc le 29 mai 2005 !!
Ce que l’on reprochait essentiellement au texte présenté en 2005, et par voie de conséquence à sa copie le traité de Lisbonne tenait essentiellement du domaine juridique.
Le principal argument est que juridiquement ce texte ne devait être qu’un texte interétatique et ne pas prétendre à autre chose, puisqu’il n’y a pas eu d’Assemblée constituante, pour qu’il puisse être présenté comme une Constitution, et il existe encore moins un peuple européen avec une nationalité européenne.
Selon l’article 1-6 du projet présenté en 2005, la Constitution « européenne » prime sur celle des Etats membres. Donc, ne resterait validé que la partie de la Constitution française qui ne serait pas en contradiction avec le Traité.
Par ailleurs, ce Traité de Lisbonne entend réduire au maximum le champ de la démocratie et des pouvoirs publics étatiques. Ce texte scelle, en effet, une orientation politique axée sur l’ultralibéralisme économique qui prime sur l’organisation des pouvoirs publics, chère aux Pères fondateurs de nos institutions.
Ce Traité est ensuite, encore plus inébranlable qu’une Constitution étatique car seuls les 27 Chefs d’Etat des pays faisant partie de l’Union européenne se prononcent le concernant, il n’y a par conséquent pas d’action du peuple souverain !
Aussi, les institutions européennes, telles qu’elles sont exposées dans ce texte, ne répondent pas aux critères de la démocratie ! Une démocratie c’est : un Parlement, un pouvoir exécutif et un système judiciaire indépendant. Or, en l’espèce, il n’en n’est rien, dans le contenu de ce Traité, tous les pouvoirs sont confondus et tous détenus par la Commission européenne, qui devient alors une sorte de « mini Gouvernement fédéral ».
Enfin, et ce serait, pour ma part, le point le plus important : le principe de subsidiarité, selon lequel l’Union européenne n’intervient que si un Etat membre est défaillant, est totalement bafoué. Ce la va même plus loin puisqu’il se produite l’effet inverse : les Etats membres n’exercent leur compétences que dans la mesure où l’union n’a pas exercé la sienne ou a décidé de ne pas l’exercer.
Les méfaits de l’actuel Traité de Lisbonne sont donc d’autant plus nombreux, puisqu’aux problèmes soulevés jadis, en 2005, refusés par la majorité des français et demeurés irrésolus, viennent s’ajouter d’autres brèches directement issues du Traités dit de « Lisbonne ».
Les français ont rejeté en bloc ce Projet en 2005 car ils craignaient pour la France mais aussi, et surtout (!) pour l’Europe. Ils craignaient notamment les délocalisations trop nombreuses en Chine, ils craignaient la directive de Bolkestein (qui venait préciser qu’un travailleur européen, originaire d’un autre pays pouvait par exemple venir travailler en France avec le même salaire –ou du moins à peine supérieur au salaire proposé par son pays d’origine, ce qui serait source grave de chômage-)…
On pourrait se poser alors une question : Pourquoi « Airbus » qui vend plus de 400 avions de ligne par an et ajoute chaque année des centaines d’appareils à ses commandes, délocalise actuellement sa propre production et celle de ses sous traitances?
Concernant la diplomatie, il est également prévu qu’un service diplomatique européen vienne supplanter la diplomatie française.
Bref, ce projet de « Constitution bis » n’est qu’une supercherie et pire ( !) un danger pour la France, certes, mais aussi pour l’Europe !! D’après ce texte, serait mise en œuvre une Charte des Droits fondamentaux qui viendrait encourager les communautarismes et les minorités nationales, qu’en est il alors des principes énoncés par la déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen de 1789 alors ? Cette Charte, favorisant les communautarismes, ne peut être compatible avec la Déclaration des droits prônant l’égalité et l’universalité des citoyens !
Par ces communautarismes, la politique migratoire risque par ailleurs, d’être « communautarisée » aussi. J’entends par là, que la France risque d’accueillir des populations immigrées dont elle n’a pas besoin pour l’heure et se voir obligée d’en refuser d’autres qui pourraient être utiles à la France et surtout, rendre service, et pourquoi pas porter secours même, à des populations plus en difficultés et qui ont véritablement besoin de la main tendue de la France. Ce seront désormais les relations commerciales qui dicteront tout rapport entre les Etats. Dans ce cas, on ne peut que soutenir la taxe Tobin (chère au groupe alter mondialiste ATTAC, qui défendent des causes dont je me sens proches), taxe consistant à taxer les immenses flux financiers et commerciaux à travers de monde d’un pourcentage tout à fait infime (0, 5 %, je crois), et les sommes récoltées de ces taxes pourront contribuer à faire en sorte de venir en aide aux personnes les plus démunies dans leur pays, sans pour autant les déraciner et leur faire vivre l’enfer à l’étranger (passeurs, clandestinité, logements insalubres et j’en passe !).
En imposant au peuple français contre sa volonté explicite, un Traité qui ne fait qu’aggraver ces dérives, les dirigeants européens viennent mettre à mal l’Europe, une Europe telle que je l’entends c'est-à-dire « une Europe unie des Etats » et non pas une « Europe des Etats-Unis », bref, je suis contre toute forme de fédéralisme et pour une Europe des nations !
Ce traité de Lisbonne est un texte légal, certes, mais il est totalement illégitime, on pourrait presque le rapprocher du coup d’Etat « Bonapartien » de 1851 par rapport à la Constitution de 1848.
J’ajouterais ici qu’au moment où, au cours de ces derniers mois, il a été question des travaux du Comité Balladur concernant d’éventuelles réformes constitutionnelles, et que ce Comité a remis un rapport au Président de la République s’intitulant « Une V eme république plus démocratique », je trouve malvenu que l’on s’efforce par ailleurs, de bafouer tout caractère démocratique du fonctionnement actuel de nos institutions. Face à ces pratiques de République quasi bananière, l’intitulé de ce rapport fait office de provocation ou de grande farce.
Pour finir, je dirais deux mots sur le cas de la Turquie, où il y a eu « arnaque » là aussi, de la part de l’actuel Président : la Turquie est un Etat qui ne respecte absolument pas les droits de l’Homme, et encore moins l’égalité homme femme qui semble n’être qu’une pensée utopique, et se refuse de reconnaître le génocide arménien. Sa place est elle parmi nous dans l’Union européenne tant que ces problèmes ne seront pas résolus ?
Il ne faut donc pas se résigner, mais au contraire, les citoyens français doivent continuer à imposer leur Europe, continuer à y réfléchir car la prochaine véritable échéance aura lieu lors des élections européennes au printemps 2009 !! Les choses sont loin d’être terminé, elles ne font, au contraire que commencer avec ces élections à venir en 2009, qui constitueront la 1ere véritable étape démocratique pour le peuple français, puisqu’il pourra véritablement et DIRECTEMENT s’exprimer et cette fois ci, sa voix ne passera pas (on l’espère du moins !!) à la trappe.
Par Anastasia Komnidis.
20:06 Publié dans actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : traité de lisbonne, vote irlandais, référendum, europe, non
14.06.2008
La gauche républicaine solidaire avec les irlandais et le NON à l'Europe
LE 14 JUIN 2008 :
@ Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre, président du Mouvement Républicain
et Citoyen (MRC) :
Jean-Pierre Chevènement, président du Mouvement républicain et citoyen (MRC), a
estimé vendredi que le probable rejet du Traité de Lisbonne par les Irlandais,
selon des projections de la télévision publique, était "un service rendu à
l'Europe tout entière".
"Le vote du peuple irlandais revêt une signification profonde : les peuples
refusent de se laisser dissoudre dans une Europe à la fois technocratique et
antisociale"
Adversaire du traité, il a jugé que "le rejet de la Constitution européenne bis
est un service rendu à l'Europe tout entière". "C'est aussi un service rendu à
la France, dont le poids relatif était affaibli par le Traité de Lisbonne, en
rupture avec la parité fondatrice avec l'Allemagne qui avait jusqu'ici permis le
progrès équilibré de la construction européenne", a-t-il ajouté.
Selon M. Chevènement, "c'est à partir de la volonté démocratiquement exprimée
des nations qu'on doit pouvoir avancer vers une Europe à géométrie variable,
fondée sur des coopérations renforcées". "Cela est particulièrement vrai pour le
gouvernement économique de la zone euro, mais pourrait l'être aussi dans des
domaines
@ déclaration de MARS-Gauche Républicaine :
Le 29 mai 2005, les français repoussaient avec force le traité constitutionnel
européen (TCE) à plus de 55%. Quelques semaines après, les néerlandais
confortaient par leur vote le rejet d'une Europe qui voulait se construire par
delà les volontés et les aspirations des peuples.
Dans l'intervalle, technocrates bruxellois et dirigeants européens, Nicolas
Sarkozy en première ligne, ont retenu la leçon. Puisque le peuple ne veut pas
d'un tel traité, ne lui demandons pas son avis ! Délesté du mot constitution,
affublé d'un « simplifié » qui avait tout du marketing et rien de la vérité,
mais toujours aussi libéral et anti-démocratique, le traité rejetté par le
suffrage populaire revenait par la voie parlementaire. Sauf que les irlandais,
éternels mauvais élèves puisqu'ils avaient déjà refusé de ratifier le traité de
Nice, n'ont pu être exonérés pour des raisons
constitutionnelles d'un référendum.
Et voila que le seul pays dont la population peut s'exprimer, rejette le traité
de Lisbonne si fidèle au défunt TCE ! Tout cela malgré une frénétique campagne
médiatique européenne des tenants du OUI qui faisait peser sur les robustes
épaules irlandaises bien plus qu'un simple choix national. Avec les mêmes
calomnies, les mêmes poncifs élitistes et méprisants que ceux que nous avions du
nous-mêmes essuyer lors du référendum en France.
Le MARS-GR ne peut que se réjouir de cette reprise en main de sa destinée par le
peuple souverain. Après les référendums français et néerlandais, ce sont les
irlandais qui ont pu cette fois exprimer le refus grandissant des peuples
européens de la construction actuelle de l'Union Européenne. Une Union
Européenne qui n'est pas vécue comme synonyme de progrès mais au contraire comme
le cheval de Troie du tout marché au détriment des solidarités et de la maîtrise
des peuples sur leur destinée. Ce qui explique que, comme ce fut le cas en
France lors du TCE, ce sont d'abord les classes populaires qui viennent
d'assurer la victoire du NON en Irlande.
Tout laisse penser qu'au lieu de comprendre, enfin, le message de nouveau si
fortement envoyé, nos gouvernants et la majorité des élites européennes pensent
d'abord aux moyens de contourner ce choix populaire. Cela a été le cas en France
et en Hollande, et déjà en Irlande, en 2002, avec un nouveau référendum tenu
quelques mois après le premier qui avait vu les irlandais refuser le traité de
Nice. Nous devons cette fois-ci empêcher toute nouvelle forfaiture ! L'Europe ne
peut se se construire en foulant au pied le choix des populations européennes :
la Présidence prochaine de Nicolas Sarkozy doit s'ouvrir par la reconnaissance
de l'échec de ce nouveau traité comme cela aurait dû être clairement le cas pour
le TCE. C'est notre première exigence et nous devons nous préparer à nous
mobiliser pour la porter. C'est également la condition pour espérer reconstruire
une Europe qui serait faite dans l'intérêt premier des peuples. Et qui méritera
alors, du coup, leur adhésion.
@ Jacques Myard, député UMP, président du Cercle Nation et République :
En votant NON, le peuple irlandais vient de sauver l’Europe de l’application
d’un très mauvais traité.
Le Traité de Lisbonne, qui n’est en rien un « mini traité » mais le copié-collé
du traité constitutionnel rejeté par les peuples français et néerlandais par
référendum est ainsi rejeté pour la troisième fois.
Est-ce que les ayatollahs de l’eurocratie vont enfin prendre la mesure de leur
échec et des réalités sociologiques et politiques ? Ce nouveau NON est une
chance à saisir pour remettre à plat la construction européenne afin de la
réconcilier avec la volonté des peuples.
L’Europe s’est élargie, elle doit désormais s’amaigrir et cesser de se mêler de
tout.
Oui à la gestion en commun de certaines politiques essentielles à l’organisation
d’un continent comme la libre circulation des biens et des services, la PAC,
l’environnement, ou encore la coordination monétaire et budgétaire. Mais de
grâce arrêtons cette boulimie technocratique : il est urgent d’appliquer le
principe de subsidiarité, de placer la Commission sous le contrôle étroit du
Conseil, afin de réaffirmer la primauté des Etats, c'est-à-dire des peuples.
La France n’a aucun intérêt à aliéner sa souveraineté, son libre arbitre dans
une construction européenne largement dépassée par la globalisation : nos
intérêts sont mondiaux et c’est une faute que de vouloir appréhender le monde à
travers l’étroitesse du prisme européen.
OUI à une construction européenne fondée sur la coopération de nations
souveraines et indépendantes.
NON à l’intégrisme eurotechnocratique voué à l’échec.
03:14 Publié dans POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chevènement, mars, europe, gauche républicaine
13.06.2008
EUROPE, communiqué de N. Dupont Aignan
Le 13 juin 2008
COMMUNIQUE DE PRESSE
David a fait tomber Goliath
Bravo et merci à l’Irlande d’avoir sauvé le droit des peuples à disposer
d’eux-mêmes ! La morale et la démocratie triomphent !
Le seul peuple consulté par référendum sur le Traité de Lisbonne a
massivement dit NON.
C’est un véritable vote par procuration pour les 495 millions
d’Européens privés de référendum.
C’est un profond désaveu pour Nicolas Sarkozy et Angela Merkel qui ont
voulu imposer la Constitution européenne malgré les référendums de 2005.
Les dirigeants européens n’ont plus le choix, ils doivent se rendre à la
raison : les peuples d’Europe rejettent une Union supranationale,
bureaucratique et inefficace.
Les Irlandais aujourd’hui, comme les Français et les Néerlandais en
2005, ne sont pas hostiles à l’Europe. Ils veulent tout simplement une
Europe qui les respecte et les protège. Une Europe des Nations et des
projets. Une Europe démocratique, indépendante, au service du progrès
social.
Les élections européennes de juin 2009 seront l’occasion historique,
notamment en France, de transformer ce magnifique essai irlandais en
envoyant au Parlement européen des Députés défendant cette autre vision
de l’Europe.
Nicolas DUPONT-AIGNAN
Député de l’Essonne
Président de Debout la République
18:29 Publié dans POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, debout la république, nicolas dupont aignan
12.06.2008
Interview de Nicolas Dupont Aignan par le Parisien sur l'Europe
« Les Irlandais ne rejettent pas l’Europe, mais la manière totalitaire dont on l’a construite »
Le Parisien, mercredi 11 juin 2008
NICOLAS DUPONT-AIGNAN, député (ex-UMP) de l’Essonne, président de Debout la République, Nicolas Dupont-Aignan était en Irlande le 29 mai pour faire campagne en faveur du non.
Propos recueillis par Béatrice Houchard
Le non peut-il l’emporter jeudi ?
Nicolas Dupont-Aignan. En rentrant d’Irlande, je me suis dit que le non pouvait l’emporter. J’ai vu là-bas ce que j’avais vécu en France en 2005 : un rouleau compresseur du oui et une protestation sourde et diffuse du peuple. Les grands partis sont favorables au oui, mais le peuple est pour le non.
Pour des raisons européennes ou liées à la politique intérieure ?
Je n’ai pas senti de raisons de politique intérieure. Les Irlandais ne veulent pas perdre leur liberté. Ils ne rejettent pas l’Europe, mais la manière totalitaire dont on l’a construite. Ils ne veulent pas de la bureaucratie de Bruxelles et craignent l’alignement sur l’Otan.
Sarkozy et Merkel parlent d’une initiative commune si le non l’emporte…
Ca va encore renforcer le non !
Que se passera-t-il si le non est majoritaire ?
Ce sera un petit choc bénéfique, qui forcera les dirigeants à refonder l’Europe sur des bases démocratiques, une Europe du mieux-disant social, indépendante vis-à-vis des Etats-Unis. Ce sera aussi une claque pour Sarkozy et Merkel. Ce sera surtout un grand bonheur démocratique pour que les peuples reprennent la main.
Et si on leur demande de revoter ?
C’est intenable. Ils ne pourront pas le faire, les peuples sont trop en colère. Mieux vaut un petit choc bénéfique en Irlande aujourd’hui qu’une révolution dans plusieurs pays d’Europe dans dix ans.
01:56 Publié dans POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, nicolas dupont aignan, debout la république
05.06.2008
Europe : encore un espoir pour le non?
LE 05 JUIN 2008
Susan Philips : «Le non irlandais peut encore gagner»
Professeur de sciences politiques à l'Université de Dublin et militante du "non", Susan Philips constate, à deux semaines du référendum sur le traité de Lisbonne, que rien n'est joué et que les 25% d'indécis feront le scrutin. Marianne2.fr : Comment les Irlandais ont-ils perçu le rejet du traité constitutionnel européen par les Français puis les Hollandais en 2005 ? Susan Philips : Les Irlandais ont trouvé que les Français avaient été très maltraités et ils ont ressenti une grande solidarité envers eux ainsi qu'envers les Hollandais. Ils considèrent que, pour bien fonctionner, l'Union doit consulter les Européens quand des questions de citoyenneté ou de souveraineté sont en jeu. Comme c'est le cas pour le traité de Lisbonne. L'argument consistant à présenter la consultation parlementaire comme une consultation indirecte n'est pas du tout pris au sérieux.Comment se déroule la campagne référendaire en Irlande en vue du vote du 12 juin ? Pour le nouveau Premier ministre, c'est le premier test électoral (NdR : Brian Cowen a été nommé le 7 mai). Il a donc tendance à en faire beaucoup trop et un certain sentiment de lassitude se fait sentir. Tous les grands partis, à part les républicains du Sinn Féin, font campagne pour le « oui » mais le Premier ministre a jugé que l'opposition n'en faisait pas assez et il l'a critiquée très violemment à la télévision, ce qui a suscité une vive émotion. Mais le parti majoritaire, le Fianna Fail, a des capacités de mobilisation sans commune mesure avec tout ce que j'ai pu voir en Irlande. Quant aux médias, ils relaient très largement le discours sur le « oui » sans trop se soucier des opposants au traité.
Quels arguments pourraient amener les Irlandais à voter non ? Pour commencer, le traité est incompréhensible : mes étudiants au University College de Dublin étudient la politique et le droit à très haut niveau et ils sont pour la plupart favorables au « non » car ils n'arrivent pas à comprendre le traité de Lisbonne ! Par ailleurs, dans le nouveau système, l'Irlande passe de 7 votes (contre 29 pour les pays comme l'Allemagne ou la France) à 0,8% des voix, ce qui est corrélé à sa population de 4,2 millions d'habitants. Enfin, il y a la charte des droits fondamentaux qui comporte des éléments (comme le droit à l'avortement) qui pourraient inquiéter les Irlandais les plus attachés aux valeurs catholiques traditionnelles.
Pensez-vous que le « non » puisse gagner ? Habituellement, j'ai la réputation de pouvoir dire bien à l'avance l'issue d'un vote mais là, je suis complètement perdue ! Depuis les dernières semaines, les sondages voient le « non » progresser plus vite que le « oui » : la dernière enquête d'opinion du Irish Times donnait un peu moins de 40% pour le « oui » et un peu moins de 20% pour le « non ». Mais la proportion d'abstention (près de 50%) et d'indécis (environ 25%) est encore considérable ! L'opinion est très fragile en ce moment : un événement dans les deux semaines qui viennent pourrait totalement retourner les d'indécis qui subsistent. Rien n'est joué et rien ne le sera totalement jusqu'au 12 juin.
- NB : Susan Philips est membre de l'ONG EU Reform, qui soutient les améliorations apportées par l'Union européenne en Irlande tout en défendant une conception de l'Europe centrée sur les Etats.
12:50 Publié dans POLITIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, non, traité de lisbonne, irlande
22.04.2008
L'Europe telle que je la vois...
LE 22 AVRIL 2008
L’EUROPE SELON MOI :
Je suis, comme vous le savez, d’origine européenne (puisque j’ai des origines grecques) et suis « pour » l’Europe bien évidemment, mais pas n’importe comment et pas à n’importe quel prix ! Aussi, je désapprouve le Traité de Lisbonne et je vais vous expliquer pourquoi en quelques lignes.
Le 4 février dernier fut voté en Congrès, à Versailles, le fameux Traité dit de « Lisbonne ». Ce traité pâle et sombre copie du « Projet à la Constitution européenne » proposé par référendum aux français en 2005, est finalement passé de « force » en ce 4 février 2008 par la voie parlementaire finalement. Je rappelle au passage que 55 % des français avaient refusé ce texte en bloc le 29 mai 2005 !!
Ce que l’on reprochait essentiellement au texte présenté en 2005, et par voie de conséquence à sa copie le traité de Lisbonne tenait essentiellement du domaine juridique.
Le principal argument est que juridiquement ce texte ne devait être qu’un texte interétatique et ne pas prétendre à autre chose, puisqu’il n’y a pas eu d’Assemblée constituante, pour qu’il puisse être présenté comme une Constitution, et il existe encore moins un peuple européen avec une nationalité européenne.
Selon l’article 1-6 du projet présenté en 2005, la Constitution « européenne » prime sur celle des Etats membres. Donc, ne resterait validé que la partie de la Constitution française qui ne serait pas en contradiction avec le Traité.
Par ailleurs, ce Traité de Lisbonne entend réduire au maximum le champ de la démocratie et des pouvoirs publics étatiques. Ce texte scelle, en effet, une orientation politique axée sur l’ultralibéralisme économique qui prime sur l’organisation des pouvoirs publics, chère aux Pères fondateurs de nos institutions.
Ce Traité est ensuite, encore plus inébranlable qu’une Constitution étatique car seuls les 27 Chefs d’Etat des pays faisant partie de l’Union européenne se prononcent le concernant, il n’y a par conséquent pas d’action du peuple souverain !
Aussi, les institutions européennes, telles qu’elles sont exposées dans ce texte, ne répondent pas aux critères de la démocratie ! Une démocratie c’est : un Parlement, un pouvoir exécutif et un système judiciaire indépendant. Or, en l’espèce, il n’en n’est rien, dans le contenu de ce Traité, tous les pouvoirs sont confondus et tous détenus par la Commission européenne, qui devient alors une sorte de « mini Gouvernement fédéral ».
Enfin, et ce serait, pour ma part, le point le plus important : le principe de subsidiarité, selon lequel l’Union européenne n’intervient que si un Etat membre est défaillant, est totalement bafoué. Ce la va même plus loin puisqu’il se produite l’effet inverse : les Etats membres n’exercent leur compétences que dans la mesure où l’union n’a pas exercé la sienne ou a décidé de ne pas l’exercer.
Les méfaits de l’actuel Traité de Lisbonne sont donc d’autant plus nombreux, puisqu’aux problèmes soulevés jadis, en 2005, refusés par la majorité des français et demeurés irrésolus, viennent s’ajouter d’autres brèches directement issues du Traités dit de « Lisbonne ».
Les français ont rejeté en bloc ce Projet en 2005 car ils craignaient pour la France mais aussi, et surtout (!) pour l’Europe. Ils craignaient notamment les délocalisations trop nombreuses en Chine, ils craignaient la directive de Bolkestein (qui venait préciser qu’un travailleur européen, originaire d’un autre pays pouvait par exemple venir travailler en France avec le même salaire –ou du moins à peine supérieur au salaire proposé par son pays d’origine, ce qui serait source grave de chômage-)…
On pourrait se poser alors une question : Pourquoi « Airbus » qui vend plus de 400 avions de ligne par an et ajoute chaque année des centaines d’appareils à ses commandes, délocalise actuellement sa propre production et celle de ses sous traitants ?
Concernant la diplomatie, il est également prévu qu’un service diplomatique européen vienne supplanter la diplomatie française.
Bref, ce projet de « Constitution bis » n’est qu’une supercherie et pire ( !) un danger pour la France, certes, mais aussi pour l’Europe !! D’après ce texte, serait mise en œuvre une Charte des Droits fondamentaux qui viendrait encourager les communautarismes et les minorités nationales, qu’en est il alors des principes énoncés par la déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen de 1789 alors ? Cette Charte, favorisant les communautarismes, ne peut être compatible avec la Déclaration des droits prônant l’égalité et l’universalité des citoyens !
Par ces communautarismes, la politique migratoire risque par ailleurs, d’être « communautarisée » aussi. J’entends par là, que la France risque d’accueillir des populations immigrées dont elle n’a pas besoin pour l’heure et se voir obligée d’en refuser d’autres qui pourraient être utiles à la France et surtout, rendre service, et pourquoi pas porter secours même, à des populations plus en difficultés et qui ont véritablement besoin de la main tendue de la France. Ce seront désormais les relations commerciales qui dicteront tout rapport entre les Etats. Dans ce cas, on ne peut que soutenir la taxe Tobin (chère au groupe alter mondialiste ATTAC, qui défendent des causes dont je me sens proches), taxe consistant à taxer les immenses flux financiers et commerciaux à travers de monde d’un pourcentage tout à fait infime (0, 5 %, je crois), et les sommes récoltées de ces taxes pourront contribuer à faire en sorte de venir en aide aux personnes les plus démunies dans leur pays, sans pour autant les déraciner et leur faire vivre l’enfer à l’étranger (passeurs, clandestinité, logements insalubres et j’en passe !).
En imposant au peuple français contre sa volonté explicite, un Traité qui ne fait qu’aggraver ces dérives, les dirigeants européens viennent mettre à mal l’Europe, une Europe telle que je l’entends c'est-à-dire « une Europe unie des Etats » et non pas une « Europe des Etats-Unis », bref, je suis contre toute forme de fédéralisme et pour une Europe des nations !
Ce traité de Lisbonne est un texte légal, certes, mais il est totalement illégitime, on pourrait presque le rapprocher du coup d’Etat « Bonapartien » de 1851 par rapport à la Constitution de 1848.
J’ajouterais ici qu’au moment où , au cours de ces derniers mois, il a été question des travaux du Comité Balladur concernant d’éventuelles réformes constitutionnelles, et que ce Comité a remis un rapport au Président de la République s’intitulant « Une V eme république plus démocratique », je trouve malvenu que l’on s’efforce par ailleurs, de bafouer tout caractère démocratique du fonctionnement actuel de nos institutions. Face à ces pratiques de République quasi bananière, l’intitulé de ce rapport fait office de provocation ou de grande farce.
Pour finir, je dirais deux mots sur le cas de la Turquie, où il y a eu « arnaque » là aussi, de la part de l’actuel Président : la Turquie est un Etat qui ne respecte absolument pas les droits de l’Homme, et encore moins l’égalité homme femme qui semble n’être qu’une pensée utopique, et se refuse de reconnaître le génocide arménien. Sa place est elle parmi nous dans l’Union européenne tant que ces problèmes ne seront pas résolus ?
Il ne faut donc pas se résigner, mais au contraire, les citoyens français doivent continuer à imposer leur Europe, continuer à y réfléchir car la prochaine véritable échéance aura lieu lors des élections européennes au printemps 2009 !! Les choses sont loin d’être terminé, elles ne font, au contraire que commencer avec ces élections à venir en 2009, qui constitueront la 1ere véritable étape démocratique pour le peuple français, puisq’il pourra véritablement et DIRECTEMENT s’exprimer et cette fois ci, sa voix ne passera pas (on l’espère du moins !!) à la trappe.
Par Anastasia Komnidis.
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