18.04.2008

Deux Soeurs pour un Roi

 LE 18 AVRIL 2008

Deux sœurs pour un Roi :

            Récemment je me suis rendue au cinéma accompagnée de mon acolyte habituel (qui se reconnaîtra !) voir le film « Deux sœurs pour un Roi » de Justin Chadwick, le réalisateur de « The Queen ». Un bien agréable moment de cinéma ! Ce film mêle à la fois histoire, passions (du pouvoir mais aussi amoureuse), stratégies politiques et étonnants décors. Le rôle des principaux acteurs est fabuleux Scarlett Johansson et Nathalie Portman incarnent les deux sœurs Boleyn et se disputent toutes deux les faveurs du Roi d’Angleterre Henri VIII incarné par Eric Bana (remarqué déjà dans le film « Munich »).

            L’intrigue de ce film se déroule au XVI eme siècle, à la Cour du Roi d’Angleterre, où Mary (Scarlett Johansson) et Anne (Nathalie Portman) usent toutes deux de leurs plus grandes armes de séductions pour s’attirer les faveur du Roi. Celui-ci serait, en effet, à la recherche d’une maîtresse plus jeune et plus jolie que son épouse et surtout capable de donner naissance à un garçon pour sa succession. La reine n’est, en effet, plus en état d’enfanter. Après avoir recherché auprès de toutes les jeunes femmes appartenant aux familles aristocrates et bourgeoises de l’époque, c’est vers les sœurs Boleyn que se portera le choix du Roi. Un choix pas si aisé car il se retrouve face à un difficile dilemme entre les deux sœurs. Mary saura davantage le charmer néanmoins par son charme, sa beauté, sa candeur. Preuve supplémentaire, qu’en plus de rechercher une femme capable d’enfanter (image de la femme réduite ici à un simple « utérus »), il l’a préfère aussi docile. Seulement, Anne, fougueuse, maligne, intelligente et surtout avide de pouvoir, n’en restera pas là et tâchera par tous les moyens possibles et inimaginables de s’attirer les faveurs du Roi.

            A une époque où la femme est réduite à peu de chose, perçue davantage comme un objet que les pères de famille tentent de « refourguer » au meilleur mari qu’il soit, moyennant certains avantages toujours pour le père, le personnage d’Anne Boleyn, vient casser cette image de femme soumise. Anne, va ici se comporter comme un homme, elle apparaît assoiffée de pouvoir, prête à tout, même au pire pour parvenir à ses fins, mais jusqu’où cette folle escalade du pouvoir la mènera t-elle ?

            Ce film, bien que se déroulant au XVI eme siècle, demeure d’actualité pour, précisément, ce qui concerne la cupidité, que dégagent ces personnages, mais aussi pour les manœuvres politiques. En tant que femme politique que je suis, j’ai eu bien des fois l’occasion de rencontrer  dans le milieu de la politique des femmes, telles que Anne, qui passionnées par le pouvoir, vont se mettre dans des situations extrêmes quitte à avilir leur personne. Mais, ces femmes, tout comme le personnage d’Anne Boleyn, ne ressentent aucune forme d’avilissement tant qu’elles obtiennent ce qu’elles veulent et qu’elles grignotent à chaque fois un morceau supplémentaire de ce bien appétissant gâteau appelé « pouvoir ». Anne Boleyn comprendra, mais trop tard, que finalement sa sœur Mary, avec son honnêteté et son manque de « folie des grandeurs » aura fait le meilleur choix ! A bon entendeurs, mesdames, mesdemoiselles, la politique est un monde cruel car précaire, que devenez vous le jour où vous ne faites plus partie de la Cour du « roi » ou que telle ou telle écurie, à laquelle vous appartenez peut être, est écartée du pouvoir? Aussi, un peu comme le personnage de Mary, je suis peut être quelque peu naïve, voire même candide et serais sans doute amenée à réussir moins bien que d’autres ou bien plus tard, mais le jour où je réussirais je pourrais me regarder en face et être réellement fière de moi et de mon succès, que je ne devrais à aucun homme !!

           

            Un film sur les intrigues de couloirs de la Cour du Roi, telles que celles que l’on pourrait croiser aujourd’hui dans les couloirs des partis politiques… A voir absolument !

 

 

Par Anastasia KOMNIDIS.